La seconde vie de la ville

La seconde vie de la ville

La transformation à engager n’est pas qu’une réhabilitation énergétique de l’existant.

Adapter la ville aux crises du siècle, faire la ville de demain… cet enjeu majeur dépasse les actions indispensables d'isolation du bâti. Il nous faudra mener à bien une adaptation de la ville aux chocs climatiques et une réduction drastique des ressources et des sols consommés. Bref, faire une nouvelle ville.

Les derniers mois ont été ponctués par une série de rapports sur la relance de la construction de logements en France. Loin de se limiter aux seules questions quantitatives, ces réflexions ont aussi porté sur la qualité des logements et leur insertion urbaine. Mais si ces questions sont importantes, elles restent secondaires.

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Adapter la ville

Car l’enjeu n’est pas tant de construire plus et mieux, que d’adapter la ville aux crises du siècle. Cela passe par l’adaptation de la ville aux chocs climatiques et la réduction drastique des ressources et des sols consommés pour faire la ville, comme de nos émissions de gaz à effets de serre. Face à ces enjeux, la construction neuve n’apporte qu’un petit bout de solution, car plus de 80 % de la ville de 2050 est déjà là. Il est donc temps de nous mobiliser prioritairement pour transformer cette ville qui nous entoure déjà.

Ne nous y trompons pas, la transformation à engager n’est pas qu’une réhabilitation énergétique de l’existant

Les collectivités territoriales sont au cœur d’un chantier dont nous réalisons à peine l’ampleur. D’abord par ce que les épaves thermiques sont encore plus nombreuses qu’imaginées. Logements, bureaux, équipements, espaces publics, infrastructures urbaines… tous sont rattrapés par une obsolescence accélérée par la prise de conscience des limites planétaires et le dérèglement climatique. Mais ne nous y trompons pas, la transformation à engager n’est pas qu’une réhabilitation énergétique de l’existant : remplacer les 3 millions de chaudières fioul encore en fonctionnement et tartiner toutes les façades du pays de polystyrène ne seront pas suffisants.

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Une mobilisation massive

d’une vraie deuxième vie dont la ville qui nous entoure a besoin, pour répondre aux enjeux climatiques, mais aussi démographiques, technologiques ou sociaux. Il va nous falloir isoler quelques millions de pavillons, et les adapter aux changements de nos modes de vie. Multiplier les rénovations de copropriété sans oublier de poser quelques logements en plus sur leur toit. Repenser les performances thermiques de générations d’immeubles de bureaux, tout en mettant au goût du jour les espaces de travail. Mais aussi repenser des services publics à l’occasion de la mise aux normes de milliers d’équipements.

Les acteurs publics locaux seront au cœur du chantier pour montrer le cap, transformer les pratiques et développer des écosystèmes locaux. Ou pas.

Transformer la ville existante pour être à l’heure au rendez-vous du siècle et l’adapter aux bouleversements du climat va nécessiter une mobilisation massive. Mais aides financières, guichets uniques et numéros verts n’y suffiront pas. Il va falloir aussi inventer de nouveaux métiers et avoir beaucoup de créativité sur les méthodes. Les acteurs publics locaux seront au cœur du chantier pour montrer le cap, transformer les pratiques et développer des écosystèmes locaux. Ou pas.

Sylvain Grisot est urbaniste et fondateur de dixit.net, une agence de conseil et de recherche urbaine résolument engagée pour les transitions de la fabrique de la ville. Conférencier, enseignant et chercheur, il est l’auteur du Manifeste pour un urbanisme circulaire (Éditions Apogée 2021), dans lequel il invite les acteurs de la ville à faire la transition pour une ville frugale, proche, résiliente et inclusive."

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