La transition énergétique, une variable d'ajustement

Nicolas Braemer

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Dans la même semaine, on apprend donc que la loi sur la transition énergétique a été votée, mais qu’après avoir laissé tomber l’écotaxe, on a aussi abandonné aussi toute velléité de taxer le transport par poids lourds. On passera sur la contradiction politique, mais il faut quand même rappeler quelques vérités en matière de politique environnementale.
D’abord, on peut regretter que la loi de transition énergétique, présentée pourtant comme une « loi phare », ait été votée vite fait bien fait, sans faire l’objet d’un minimum de discussions collectives. Cela laisse bien mal augurer d’une modification profonde de nos comportements pour les années à venir.Ensuite, et quels que soient les gouvernements, la transition énergétique fait l’objet d’une politique de gribouille. Entre improvisation et renoncements, on est loin d’enjeux pourtant vitaux, au sens qu’il s’agit réellement d’une question de vie ou de mort. Passons sur les péripéties de l’écotaxe : on verra en fin de compte combien la plaisanterie aura coûté à l’État quand on saura combien il devra indemniser la société Ecomouv’.
La nocivité des lobbies est décidément au cœur de la question environnementale.
Ne passons pas en revanche sur l’abandon de la taxe poids lourds : encore une fois, un gouvernement cède à un lobby autoroutier auquel décidément, on n’arrive pas à toucher.Combien de temps acceptera-t-on que, sous la pression de l’industrie pétrolière et des constructeurs automobiles, la France sponsorise depuis des décennies les véhicules à moteur diesel qui sont pourtant la cause directe d’une pollution devenue un problème majeur de santé publique ?Industrie nucléaire pour l’énergie, fabricants d’automobile pour le diesel, industrie pétrolière pour le gaz de schiste… la nocivité des lobbies est décidément au cœur de la question environnementale. Plus l’urgence est grande, moins on semble décidé à trancher dans le vif en faveur d’un changement radical. L’année dernière, 58 % des capacités de production d’énergie installées en Chine étaient dans le renouvelable, contre 42 % pour le charbon, le gaz, le nucléaire et le pétrole. Voilà un beau chantier dans lequel l’Union européenne pourrait décider d’investir les millions d’euros qui manquent aujourd’hui à la croissance !La transition énergétique reste, en dépit des discours, une variable d’ajustement. Quand les politiques auront-ils le courage d’en décider autrement ?

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