Le français moyen est un électeur contrarié

La Rédaction

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On entend beaucoup ces temps-ci que l'enchaînement de la présidentielle avec les législatives lasse les Français. Car il en faut peu pour que les Français se désintéressent de la politique, sans comprendre forcément les risques qu'ils courrent.

La présidentielle et les législatives se succèdent. C'est une bonne chose pour une Vème République qui court toujours le risque d'une cohabitation et qui cherche à le minimiser. Même si celui-ci n'est pas écarté pour les élections qui auront lieu dans 10 jours (d'ailleurs, la majorité sortante dit que ce risque est souhaitable...), la réforme du quiquennat portait d'abord cette vertu en faisant des législatives le troisième tour de la présidentielle.

Oui mais voilà, les Français sont de plus en plus contrariés avec la démocratie et se comportent comme des enfants gâtés. Parlez-donc avec le fameux "français moyen" de ces législatives. Il n'est pas très loquace sur le sujet, le "français moyen". Car, dit-il, il en a assez de voir tous ces politiques à la télé et de les lire dans les journaux. Il en a assez qu'on le drague, sur les marchés, dans les gares, dans la rue ou même, pire, sur son palier pour lui vendre un bulletin de vote.

Déjà, il en a marre, le "français moyen", de cette droite et de cette gauche, qu'il enveloppe généreusement dans l'enveloppe  facile du "c'est tous les mêmes". Pourtant, il ne votera pas pour autant au centre, qui regroupe selon lui les carriéristes qui ne réussissent pas dans les deux pôles majeurs de la politique française.

Alors voilà, il en a marre le "français moyen". Il en a marre d'entendre de la politique, il en a marre de ceux qui en font, il en a marre des élus. Par contre, il aime en parler, de la politique. Mais il dit qu'il n'ira pas voter, que rien ne changera jamais. Qu'on a déjà tout essayé en France. La droite assome et la gauche déçoit. Et pendant ce temps-là, il paye des impôts, lui. C'est la rengaine politique des trente dernières années.

Le "français moyen", c'est celui que les sondeurs observent en même temps que la météo. Car quand il fait trop beau le dimanche, il part à la pêche. Et quand il pleut, il reste chez lui. Bref, il faut vraiment qu'il soit motivé pour aller voter et que le taux d'humidité dans l'air soit satisfaisant.

Dès fois, il lui prend une grosse colère, au "français moyen". Alors il y va, au bureau de vote, et il met un bulletin dans l'enveloppe. Généralement, l'extrême droite représente pour lui un geste suffisant pour exprimer aux élus son ras le bol. Il a l'impression de faire exploser un pétard aux pieds des puissants. Ce n'est pas forcément dangereux, dit-il, mais ça leur fait peur.

Sinon, il aime aussi mettre au second tour les deux bulletins différents dans la même enveloppe. Pour que celui qui dépouille comprenne son mécontentement.

Quelquefois cependant, les pétards électoraux explosent à la tête de ceux qui les lancent. Peut être qu'un jour il s'en apercevra. Et il reviendra sans doute voter en croyant en quelque chose, cette fois-ci.

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