Le maire de Tignes condamné

La Rédaction

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Le maire de Tignes (Savoie), accusé d'avoir revendu un terrain 15 fois sa valeur initiale en modifiant le plan local d'urbanisme, a été condamné lundi à 8 mois de prison avec sursis. Poursuivi pour prise illégale d'intérêts, Olivier Zaragoza, a en outre été condamné à une amende de 60.000 euros ainsi qu'à trois ans d'inéligibilité par le tribunal, qui a alourdi la peine de six mois de prison avec sursis requise par le parquet le 30 janvier dernier.

Ulcéré
"Je suis ulcéré par la sévérité du jugement", a déclaré lundi le maire sans étiquette de Tignes, Olivier Zaragoza, qui a indiqué avoir fait appel de la décision.
"Demain, seuls les gens qui ne possèdent rien pourront se présenter au mandat de maire, sous peine, sinon, d'être taxé de prise illégale d'intérêts", a ajouté l'élu.
"On peut s'enrichir, mais pas avec son mandat d'élu", a réagi lundi auprès de l'AFP l'ancien maire de Tignes, Bernard Reymond, à l'origine de la révélation de l'affaire par son dépôt de plainte.

Modification du PLU
En janvier 2005 lors d'une vente aux enchères, la société immobilière SCI L'Ancolie, dont le maire de Tignes, Olivier Zaragoza et sa femme étaient cogérants, a acquis un terrain de 4.000 m2 "inconstructible" pour un peu plus de 80.000 euros qu'elle a revendu cinq ans plus tard à l'agence MGM pour 1,2 million d'euros après avoir modifié le Plan local d'urbanisme.
Le compromis de vente signé dès 2007 entre la société et MGM suspendait la transaction à l'obtention d'un permis de construire, qui sera accordé par la mairie en 2008, prévoyant des logements sociaux pour les saisonniers et une résidence touristique quatre étoiles.

Permis de construire modifié
Mais en 2010, une nouvelle modification du permis de construire, qui inclut l'aménagement d'un magasin de location de ski de 300 m2 dont le maire deviendra le propriétaire, est signé.
"C'est plus qu'une excellente affaire, c'est du jamais vu", avait lancé au prévenu l'un des avocats des parties civiles, Me Olivier Laude, après avoir rappelé que la valeur du commerce pouvait "être estimée à 2 millions d'euros".
"Vous avez été aveuglé par l'appât du gain", avait renchéri Me Joude, le deuxième avocat des parties civiles, lors de l'audience.
"Tout le monde aurait pu se renseigner pour connaître le potentiel de ce terrain", avait fait valoir de son côté M. Zaragoza réfutant farouchement avoir profité de son mandat pour s'enrichir.
"J'ai acheté ce terrain au prix du marché (...) Je n'avais aucun intérêt à délivrer un permis de construire", avait soutenu l'édile.

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