Le numérique musical prend le pas sur le support physique

La Rédaction

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J'avais écrit, il y a quelques années, un éditorial sur le devenir des bibliothèques musicales, secteur souvent très prisé au sein des médiathèques ; cet éditorial faisait suite à une décision de Virgin France de réduire de moitié l'espace dédié aux supports physiques musicaux en raison de l'engouement croissant du public pour les téléchargements légaux ; à ce titre j'invitais les responsables de médiathèques de réfléchir à un nouveau concept de service public de prêts musicaux plus basé sur le téléchargement (cf : abonnements légaux de téléchargement).
Ce délaissement du public d'achats de supports physiques musicaux s'avère vrai ; au Royaume-Uni, en matière de ventes de musique, le numérique dépasse le physique ; La British Phonography Industry (BPI), représentant les principales maisons de disques britanniques, a récemment publié ses chiffres du premier trimestre de l'année 2012. En plus d'une augmentation de 2,7 % sur an, le marché britannique de la musique enregistrée devient majoritairement composé de ventes numériques (55,5 % de ventes numériques lors du premier trimestre 2012).

Ce changement de situation est dû à une croissance de 23,6 % du numérique durant ces trois mois, et à une diminution de 15,1 % du physique sur la même période.
Le total des revenus du téléchargement et des différentes plateformes de streaming (abonnement payant ou avec financement publicitaire) a atteint un montant de 86,5 millions de pounds (livres) pour les trois premiers mois de l'année 2012, soit environ 107 millions d'euros. Les ventes physiques de musique ont quant à elles représenté 69,3 millions de pounds sur la même période, soit l'équivalent de 86 millions d'euros.
Ces chiffres confirment que l'offre légale séduit de plus en plus de clients, puisque les services de streaming avec abonnement payant ont par exemple augmenté de 93 % en un an, ce qui représente presque le double de personnes concernées. Geoff Taylor, l'un des responsables de la BPI a ainsi reconnu qu'il s'agissait d'une « étape importante dans l'évolution de l'industrie musicale ». D'après lui, « les maisons de disques britanniques ont adopté le numérique à leur fonctionnement », d'où ces bons résultats ; en résumé, le marché du numérique a pris le relais du physique, notamment du côté des singles.
Qu'en est-il dans notre hexagone ? Le constat est que ce basculement britannique est encore loin d'avoir lieu. En effet, le numérique ne représente actuellement que 28 % du marché, comme le révélaient les chiffres du premier trimestre 2012 dévoilés par le SNEP (Syndicat National de l'Edition Phonographique) la semaine dernière.
Mais je suis pratiquement certain que le basculement aura bien lieu dans un avenir plus ou moins proche ; alors mesdames et messieurs, responsables de médiathèques, commencez à vous pencher, si ce n'est déjà fait, à de nouvelles offres de service public de prêts musicaux.

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