Le sondage qui vous fait transformer votre service culturel !

La Rédaction

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Dans un récent sondage effectué les 28 et 29 février, l'institut BVA a demandé à 1.049 adultes selon un échantillon se voulant représentatif de la population française, quels devraient être les objectifs prioritaires en matière de politique culturelle.

Pour 70% d'entre eux, il s'agirait d'entretenir le patrimoine culturel. 62% des personnes interrogées estiment qu'il faut favoriser l'accès des citoyens à la culture. Puis viennent l'éducation artistique à l'école (43%), la défense de la diversité culturelle (39%), le soutien aux jeunes artistes (36%), la promotion de la culture française à l'étranger (35%), un meilleur accès des citoyens à la pratique artistique (29%), le développement des offres légales sur Internet (22%) et le soutien à la création contemporaine (17%). Le développement des offres légales sur Internet ne représente que 22 % des suffrages.

Certes en matière culturelle, l'offre structure en partie la demande. Il faut dans les débuts avoir connu l'émotion provoquée par un spectacle ou une exposition pour avoir ce désir d'y retourner, une habitude que l'on va ensuite décliner durant sa vie comme l'explique l'économiste Françoise Benhamou dans un article du Monde de cette semaine. Pour autant, et même s'il faut manier avec beaucoup de précautions cette notion d'attente, de « besoin culturel », la photographie des priorités culturelles que nous apporte ce sondage peut nous faire réfléchir !

Imaginez ainsi un instant comment serait constituée une direction des affaires culturelles de 35 agents si elle était à l'image de cette représentation, par exemple à l'échelle d'un département ou d'une région :

- 7 personnes seraient responsables du patrimoine culturel (inventaire, musées, archéologie, patrimoine architectural, industriel, ethnographique, linguistique)

- 6 personnes (17 % des effectifs !) mouilleraient la chemise pour favoriser l'accès des citoyens à la culture (ex : accessibilité physique des équipements culturels, accès à la culture des tout petits, diffusion artistique dans les maisons de retraite, actions en relation avec les associations de jeunesse et d'éducation populaire).

- 4 personnes s'occuperaient de l'éducation artistique dans les établissements scolaires : partenariat avec la DRAC et le rectorat, liens avec les principaux et enseignants, liens avec les services éducatifs des équipements artistiques et culturels

- 4 personnes s'occuperaient de la diversité culturelle (diversité des territoires ; diversité des créations et de la diffusion, par ex cinématographique ; sauvegarde du patrimoine immatériel et de traditions rurales, actions de promotion des langues régionales, actions en faveur des communautés d'origine étrangère) ;

- 3, 5 emplois seraient consacrés au soutien aux jeunes artistes et 2 autres personnes s'occuperaient du soutien à la création contemporaine (aides à la création, résidences, accompagnement... dans les domaines de la littérature, des musiques, du théâtre, des arts de la rue et de la piste, du cinéma et des arts plastiques)

- 3, 5 emplois seraient concernés par les actions européennes et à l'international ;

- 3 personnes auraient pour tâche de favoriser l'accès des citoyens à la pratique artistique (ex : accompagnement de personnes en situation d'insertion, pratique artistique dans les centres pour handicapés, prévention des risques auditifs en matière de musiques actuelles etc.) ;

- Enfin 2 personnes travailleraient sur le développement des pratiques numériques (ex : apprentissage de la sémiologie de l'image, organisation de tremplins de la création numérique, festival des Très-courts etc.)

Une telle simulation est-elle scandaleuse, n'est -elle que pure fiction ? Elle est en tout cas stimulante pour la réflexion. Les agents aujourd'hui « sectoriels » pour la plupart deviendraient minoritaires, ils seraient chargés de missions beaucoup plus transversales : éducation artistique et culturelle, culture et lien social, diversité, accompagnement d'artistes, actions européennes, pratiques numériques, etc. On passerait d'un organigramme "Drac-isé" à un organigramme où la fonction culturelle serait rendue prioritaire par rapport au domaine culturel.

Une véritable politique de développement culturel passe aujourd'hui par ce type de réflexion sur le rôle du service public culturel de demain, j'en suis persuadé.
Source : Lettre d'information Culture

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