Le temps est à l'apaisement

La Rédaction

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Les liens entre Etat et collectivités locales s'étaient un peu distendus ces dernières années, la politique s'étant maladroitement mêlée de l'autonomie financière des collectivités locales et du sens de l'intérêt général de ses élus. Il est temps de tourner cette page.

Nous voilà donc avec un nouveau Président de la République. Et, avant même qu'un Premier Ministre et qu'un gouvernement ne soient nommés, avant même qu'une majorité parlementaire n'ait pu se dégager, les territoriaux, agents et élus locaux, ont déjà des choses à demander.

Certains points sont précis: la réforme territoriale et son devenir, la répartition des compétences, la réforme fiscale, la péréquation entre collectivités, la réforme du cumul des mandats, un éventuel nouvel acte de décentralisation, les moyens financiers, l'autonomie financière des collectivités. Ces points sont cruciaux. Ils sont à la fois très techniques et pourtant ils touchent au quotidien de tous les français. En discuter, c'est entamer le débat sur notre fonctionnement démocratique. Nos territoires sont le reflet exact de ce qui compose la France.

En cela, il faut tourner la page des relations parfois calamiteuses que le gouvernement précédent a entretenu vis à vis des collectivités. Les propos de François Fillon et de Nicolas Sarkozy sur la folie dépensière des collectivités ont été très maladroits. Ils ont quelque peu brisé le pacte de confiance entre l'Etat et les collectivités, laissant l'image d'un Etat qui, seul, doit combler les lacunes financières d'élus locaux préoccupés par leur seul intérêt particulier. Ce n'est évidemment pas le cas.

Politiquement, on peut comprendre cette prise de position. Après tout, Messieurs Sarkozy et Fillon ont eu à composer avec des grandes villes, des départements et des régions de gauche. La tentation était donc grande d'opposer la vertu budgétaire de l'Etat, à grands coups de RGPP, avec le robinet des dépenses locales qui semblait ouvert à fond. La réalité est toute autre. Et le gouvernement en a sans doute payé le prix lors des dernières sénatoriales. L'Etat ne peut se passer de liens forts avec les collectivités et d'une vision partagée de ses territoires.

Souhaitons donc que les relations soient apaisées, pour que les bonnes questions se posent. Certes, les réponses plairont à certains et pas à d'autres, c'est le jeu de la démocratie. Le gouvernement précédent a eu le courage de tenter une réforme territoriale. Celle-ci doit désormais prendre en compte des outils, comme par exemple la fiscalité locale, malade depuis trop longtemps. C'est en se posant les bonnes questions que nos territoires pourront aider notre pays à traverser la crise actuelle. Cette crise financière, qui a débordé sur le terrain politique, se cristalise notamment autour de la crise de la représentation démocratique.

Le lien entre l'Etat et les collectivités est indispensable à notre démocratie. La confiance doit être réciproque, et c'est sans doute le voeu le plus important à formuler au début de ce mandat présidentiel.

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