Les agents publics doivent-ils défendre les valeurs de la République ?

Camille Mialot

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Les agents publics doivent-ils défendre les valeurs de la République ?

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La défense des valeurs de la République, voilà qui paraît entrer à l’évidence dans la sphère des obligations des fonctionnaires. Sauf que, dans les temps actuels, il vaut mieux rappeler les évidences que croire qu’elles s’imposent à tout le monde.

Les agents publics doivent-ils défendre les valeurs de la République ? Au lendemain d’élections qui ont imposé le Front national comme première force d’opposition, la question est posée.

Liberté, Egalité, Fraternité… Laïcité

On pourrait l’esquiver en répondant qu’il faudrait d’abord donner un contenu à ces valeurs de la République, dont on parle tant, et à juste titre, depuis les attentats du début de l’année 2015. Vaste débat, mais accordons-nous au moins sur la devise de la République : Liberté, Égalité, Fraternité et ajoutons la laïcité qui, elle-même, doit être conciliée avec la liberté de conscience, car la laïcité n’est pas un instrument d’exclusion.

"La Nation fixe comme mission première à l’école de faire partager aux élèves les valeurs de la République"

On pourrait encore esquiver en répondant que la défense des valeurs de la République heurte l’obligation de neutralité. Mais ce serait oublier que la promotion des valeurs de la République est déjà imposée explicitement aux enseignants par le Code de l’éducation : la Nation fixe comme mission première à l’école de faire partager aux élèves les valeurs de la République, nous dit le premier article du Code de l’éducation. Cette obligation s’impose à tous les enseignants, y compris ceux qui partagent les vues du Front national.

Le service de la chose publique, la République

 Pourrait-on, au-delà de cette obligation imposée aux seuls enseignants, imposer une obligation générale, à tout agent public, de défendre les valeurs de la République ? Nous le pensons, car que doit faire l’agent du service public, sinon servir la chose publique ? C’est d’ailleurs fondamentalement ce qui distingue une fonction purement privée d’une fonction publique : le service de la chose publique, la République. Et nous pensons qu’il conviendrait sans délais d’amender en ce sens le texte en cours d’adoption sur la déontologie et les droits et obligations des fonctionnaires.

Que doit faire l’agent du service public, sinon servir la chose publique ?

Tout cela, bien sûr, ce sont des mots ajoutés dans la loi, déjà si verbeuse. Nous nous permettrons cependant de citer Jean Zay dans ses Souvenirs et solitude, qui écrivait le 6 octobre 1942, du fond de sa cellule : « Le manque de caractère dont ont fait preuve tant de hauts fonctionnaires […], la facilité avec laquelle ils ont subi les nouveaux maîtres […]. La République a payé de leur reniement l’une de ses plus fâcheuses défaillances ».

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