Marseille : une vente aux enchères très polémique

Christine Cathiard

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Marseille : une vente aux enchères très polémique

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© joel takv

Des photographes en colère et pour cause : samedi à Marseille, des clichés réalisés en 2002 et 2006 par cinq artistes dans le cadre de commandes financées par des subventions publiques ont été mises aux enchères.Ces deux commandes avaient été réalisées à l'initiative de l'Agence pour le développement et la valorisation du patrimoine, avec des subventions de la région Paca et du ministère de la Culture, qui se sont depuis retirés de la structure.
La Société des auteurs des arts visuels et de l'image fixe (SAIF) et l'Union des photographes professionnels (UPP) disent avoir "découvert avec stupéfaction" cette vente, dénonçant "la dispersion d'un important fonds photographique patrimonial", "homogène et cohérent".Il s'agit d'une part d'un ensemble de 40 photographies de l'Italien Gabriele Basilico (1944-2013), dressant "un état des lieux des monuments atypiques de la Provence et de leur intégration dans le paysage urbain", selon le dossier de presse de la maison Leclère qui organise la vente. De même format, chacun de ces tirages est estimé à 1.500-2.000 euros.Les autres images mises en vente (pour des prix allant de 200 à 20.000 euros), au nombre d'une cinquantaine, sont signées de l'Italien Massimo Vitali (né en 1944), de l'Espagnol Jordi Bernardo (1966), du Britannique John Davies (1949) et du Français Bernard Plossu (1945), dans le cadre d'un projet intitulé "Monuments et paysages".
Les auteurs concernés, ou leur ayants droit, sont "très affectés"
"Mis devant le fait accompli", les auteurs concernés, ou leur ayants droit, sont "très affectés" et "ont le sentiment légitime d'une atteinte à leur droit moral tel que défini par le code de la propriété intellectuel", soulignent dans un communiqué les deux associations de photographes, qui en appellent aux autorités pour "suspendre cette vente ou obtenir le retrait des oeuvres concernées".De source proche du dossier, on souligne toutefois qu'un recours juridique paraît compliqué, les contrats signés à l'époque par les photographes ne limitant pas l'usage des oeuvres et n'interdisant par leur revente.Le commissaire-priseur Damien Leclère, joint par l'AFP, affirme de son côté s'être "assuré de la légalité de la vente". "Je considère que ce n'est pas une dispersion, c'est une transmission à des collectionneurs qui vont mettre en valeur ces oeuvres. C'est vraiment une vision très française que je trouve sidérante de considérer que seul l'Etat peut protéger un patrimoine", a-t-il relevé.Ces tirages sont présentés dans le cadre d'une vente plus large de 230 photographies consacrées à Marseille et la Provence, de 1850 à nos jours.

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