Médias et petites annonces

La Rédaction

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Triste actualité cette semaine. Mais celle-ci marquera la campagne. Peut être pas tant au niveau des sondages que sur l'emballement médiatique et sur les annonces trop précipitées du Président de la République.

L'affaire Mohamed Merah est donc venue perturber grandement la campagne présidentielle. Pire, alors même que certains hésitaient à "faire une pause", ceux qui s'y sont astreints ont laissé certains de leurs lieutenants faire le sale boulot, et entretenir par endroit des doutes sur les intentions des uns et des autres.

Deux éléments sont à retenir de ce triste épisode. Tout d'abord, l'appétit des médias pour la polémique en tout genre. A peine le suspect identifié, on se demandait si on ne pouvait pas le faire plus tôt. A peine l'assaut fini, on se demandait si on ne pouvait pas faire autrement. A peine une réaction politique, que la phrase est aussitôt tournée dans tous les sens pour tenter d'allumer une polémique. On demande souvent à nos politique d'être dignes dans ces circonstances, il serait de bon ton que les journalistes en fassent de même.

Second élément important, le discrédit total des annonces politiques. En cela, Nicolas Sarkozy a fait très fort en annonçant sa batterie de mesures pour lutter contre cette forme d'acte (que certains qualifieront de terroriste et d'autres d'acte isolé). Tout d'abord parce que certaines de ces mesures sont absolument irréalisables. On pense à la pénalisation des visites de sites dangereux sur Internet, qui est une proposition complètement farfelue. Pire, les annonces ont été faites alors que le Parlement a cessé ses travaux. Nicolas Sarkozy a voulu parler en Président de la République, il s'est pourtant exprimé comme un candidat qui ne pourra sans doute pas tenir ses promesses.

C'est toute la vision de l'action politique qui est touchée par cette attitude. Le pouvoir politique se résumerait donc à des annonces rapides, sans recul, et n'ayant pas besoin de la validation du Parlement pour entrer en vigueur. Evidemment, cette vision est fausse. Mais il faut réagir, tout de suite, dire quelque chose, occuper le terrain... Les médias sont là, qui attendent une réaction, une idée, qui traquent l'inaction...

Les médias sont donc avides de petites phrases et les réflexes politiques du pouvoir continuent à produire des annonces. Les deux éléments mélangés se confondent et s'entretiennent. Et c'est l'action politique toute entière qui est discréditée.

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