NKM ne veut pas mélanger les genres

La Rédaction

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En présentant sa démission du Ministère de l'écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet voulait se consacrer entièrement à la campagne de Nicolas Sarkozy. Au détour d'une petite phrase, elle a pourtant montré une conception du monde politique qui prouve qu'une campagne électorale s'envisage encore "à l'ancienne".

Nathalie Kosciusko-Morizet a démissionné de son poste de Ministre de l'écologie. Après tout, nul n'est tenu de rester à ce poste contre sa volonté. Mais c'est une petite phrase qui a retenu mon attention lors de sa démission. NKM indique qu'ainsi, elle a voulu "éviter le mélange des genres". De quel mélange des genres parle t'elle ? De celui de soutenir activement ou de faire campagne pour un candidat et de faire par ailleurs partie d'un gouvernement ? Si cette règle existe, il faut alors aller bien plus loin.

Certes, il existe des questions sur la différence, notamment concernant Nicolas Sarkozy, entre un Président de la République et un candidat. L'affectation des frais, les déplacements "institutionnels" peuvent prêter à confusion. Mais si tout l'entourage du Président doit avoir à supporter la même règle, autant démissionner d'office l'intégralité du gouvernement !

Certaines associations se sont élevées lors de la démission de Madame Kosciusko-Morizet. Cet acte est donc totalement contre productif. En ne voulant pas "mélanger les genres", NKM donne l'impression d'abandonner le navire dès que quelque chose de plus croustillant apparaît à l'horizon.

Plus profondément, cette phrase porte en elle l'un des problèmes de nos campagnes modernes et de notre perception de la politique. Ainsi, il y aurait d'un côté la politique noble, celle pratiquée par un gouvernement ou un exécutif, celle dont les personnes en responsabilité disent sans arrêt: "vous savez, moi, je ne fais pas de politique". Et puis il y aurait une politique moins noble, plus tacticienne, basée sur un clivage forcément superficiel et qui ne vise qu'à prendre ou conserver le pouvoir. Cette politique, c'est celle que Madame Kosciusko-Morizet semble privilégier dans les semaines à venir pour ne pas mélanger les genres. C'est la politique des campagnes électorales.

Or, il serait grand temps que nos politiques considérent avant tout qu'il n'existe qu'une politique. En différenciant ces deux sphères, ils alimentent les discours de certaines associations ou organismes qui reculent en voyant arriver le moindre politique en tremblant d'une quelconque récupération. C'est sûr que si la campagne ne sert qu'à aligner des promesses destinées à flatter les uns et les autres pour s'attirer leurs suffrages, celle-ci n'est pas cumulable avec une fonction ministérielle. Mais si, au contraire, la campagne sert à faire de la politique et à préparer l'exercice suivant, alors, le mélange des genres est souhaitable.

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