On n’agit pas seulement pour soi-même

François-Xavier Nerden

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On n’agit pas seulement pour soi-même

Hand writing the word Respect on a blackboard

© thinglass

Tout au long de notre vie, et dans les domaines personnels comme professionnels, nous interagissons les uns avec les autres. Petite réflexion sur nos relations aux autres...

Aux premiers instants de sa vie, l’impuissance du nourrisson annonce ce qui, dans notre condition d’homme, requiert le concours des autres pour nous permettre de vivre. Le petit enfant ne naît pas telle une machine prête à fonctionner. Mis en sécurité par le désir ou l’acceptation et la protection des autres, il lui faudra un long apprentissage pour acquérir le monde. Tout enfant naît dans un monde peuplé d’attentes. Cette attente est en tout premier lieu d’être accueilli dans un univers qui n’est pas encore le sien. Il y est reçu par l’intermédiaire de ses parents. Cette réception par laquelle une place lui est préparée est un acte fondamental qui, en toutes circonstances, va conditionner sa manière d’envisager la vie.

L’attente de reconnaissance est universellement ressentie, dans les relations de travail, comme dans tout rapport humain

Pour nous, adulte, la terre sur laquelle nous vivons nous apparaît chaleureuse, clémente et bienveillante selon que les autres nous permettent de nous y sentir chez nous, attendu, secouru, reconnu. L’attente de reconnaissance est universellement ressentie. Dans les relations de travail, comme dans tout rapport humain. Nous avons un besoin vital de nous voir vivre, agir, accomplir des choses sous le regard des autres, pour être vu, distingué, estimé en notre valeur propre. C’est ainsi que chacun se sentira exister, soutenu, encouragé à continuer d’être.

Tout effort mis dans la réalisation d’une tâche, toute la volonté de la bien accomplir, en quoi on met sa fierté, sa dignité de prendre sa place dans le concert général, sera perçu, apprécié, valorisé. On ne vit pas, on n’agit pas seulement pour soi-même. On vit et on agit sous le regard de l’autre et on a besoin de sa faveur. Mieux, de son estime. On a besoin d’être assuré, honoré par l’autre. Le plus riche n’apprécie vraiment son statut que s’il trouve une cour pour l’estimer. Le mourant dans son extrême déréliction en appelle aux marques ineffables de la présence humaine.

Chacun a besoin d’être confirmé vis-à-vis de soi comme à l’égard de la communauté de ses semblable

Chacun a besoin d’être confirmé vis-à-vis de soi comme à l’égard de la communauté de ses semblables. Chacun veut, quel que soit son statut, être désigné comme important, comme ayant de l’importance aux yeux des autres.

La possibilité que l’on a d’accéder à son propre mode d’exister, c’est ce que les autres font et ne font pas pour nous en offrir les conditions. Par exemple, le respect qui inspire l’écoute et refuse de juger, assure chacun de sa liberté de dire.

Chacun se trouve engagé vis-à-vis des autres comme les autres le sont vis-à-vis de lui.

Si nous prenions véritablement conscience que nos paroles comme nos silences, nos actes comme nos inactions, nos dons comme nos retenues, ont systématiquement un effet sur notre environnement, et par conséquent sur nous, alors sans doute serions-nous tenté d’être doux avec nous-même et pour ceux qui nous entourent.

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