Où sont les femmes ?

Nicolas Braemer

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Les femmes trouvent décidément difficilement leur place dans nos organisations de travail. Les principaux responsables en sont les hommes, qui ont façonné ces administration pour eux. A eux d'agir, donc, pour que les choses changent.
Lors d’un récent colloque organisé par la nouvelle directrice de l’Ena, on a bien vu que le statut de la fonction publique et le fonctionnement des administrations ont été faits pour les hommes et par les hommes. De fait et sauf exceptions assez rares, nos organisations de travail et nos réflexes professionnels et privés discriminent assez systématiquement les femmes.

Une carrière en berne

Deux exemples, parmi tant d’autres : une ancienne élève de l’Ena (rappelons qu’à l’Ena, comme à l’Inet, les promotions sont désormais paritaires) nous a expliqué que, quand un énarque et une énarque se marient, c’est Madame qui suit presque toujours Monsieur au gré de ses opportunités de carrières. Résultat, la carrière de Madame n’est pas inexistante, mais elle est toujours soumise à ces mobilités imposées, c’est-à-dire qu’elle se porte moins bien que celle de Monsieur. Deuxième exemple : une préfète nous raconte que, nommée à la tête d’une préfecture, elle édite des règles de fonctionnement fermes pour que les femmes aient toute leur place dans l’organisation de travail. Elle nous dit qu’elle n’aurait pas réussi à imposer ces règles si elle avait eu des supérieurs mâles. C’est parce qu’elle était « seul maître à bord » que les hommes ont été obligés d’accepter cette nouvelle donne.

Non au présentéisme

La morale de ces histoires, c’est que c’est donc à nous, Messieurs, de prendre nos responsabilités, dans la vie privée comme au travail, pour que cette discrimination latente et sournoise disparaisse de nos vies. C’est à nous d’agir et de parler pour que nos organisations de travail n’aient pas des hommes au niveau N et des femmes au N-1. C’est à nous d’agir et de parler pour que le présentéisme du soir (je rappelle qu’en Allemagne et au Danemark, les bureaux se vident vers 16 ou 17 heures) cesse : parce que ce sont toujours les hommes qui restent après 19 heures et qui en profitent pour décider du monde de demain.

Vive les quotas !

Notre gouvernement semble parfois tanguer sévère, mais reste ferme sur une chose : les quotas de promotion des femmes aux postes de responsabilité dans l’administration et la parité des nominations en 2018. Comme les choses ne changent jamais naturellement en matière d’égalité homme-femme, mon avis est que les quotas sont la seule solution… et qu’ils vont enfin profondément changer les choses. Mais il serait dommage que ce changement se fasse sans nous. Alors, chers collègues mâles, agissons, nous aussi, pour éradiquer le machisme de nos organisations de travail ! Vous verrez, ce sera mieux après, pour tout le monde.

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