Pas de collaboration avec le FN

Nicolas Braemer

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Pas de collaboration avec le FN

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© Groteddy

Longtemps à la traîne dans les scrutins majoritaires, le FN triomphe au second tour des municipales. Plus ancré sur le terrain, plus présent. Mais ça n'est pas une raison pour collaborer avec un parti qui reste d'extrême-droite.
Le FN a longtemps été plus à l’aise dans les élections proportionnelles que lors des scrutins majoritaires. Puis, il a remporté des mairies. C’était en 1995, à la faveur de triangulaires. Aujourd’hui, le voilà qui remporte au premier tour la mairie d’Hénin-Beaumont et qu’il en gagne onze autres au second tour… Et il fait la preuve qu’il est durablement ancré dans nombre de villes, présent au second tour, même en Bretagne ou dans le sud-ouest, terres qui lui ont toujours été hostiles.

La mer monte

La mer monte depuis longtemps. Mais, plus qu’un raz de marée, ce scrutin acte un ancrage solide du FN. Ni les scories nazies montrées par certains candidats, ni les bizarreries des constitutions de listes (candidats décédés, présents sur plusieurs listes ou inscrits par tromperie), ni les programmes fantaisistes, ne semblent désormais peser bien lourd devant la défiance de la classe politique que les électeurs ont la possibilité d’exprimer en votant FN.
Il n’y a aucune raison de changer de position aujourd’hui, car le FN, lui, n’a pas changé
Ce parti « pas comme les autres » gagne parce qu’il est ce que les autres partis ne sont plus depuis longtemps : un parti de militants, qui sont sur le terrain, parlent aux gens et donnent l’impression qu’ils les écoutent… pas des partis d’élus, sclérosés par l’unique objectif de maintenir les positions acquises.

Un parti d’extrême-droite

Pourtant, le Front National reste ce qu’il est : un parti d’extrême-droite. Il tient fièrement sa place parmi ses collègues hongrois, flamands, autrichiens, suisses, danois… dont il partage les tropismes. Si la xénophobie y tient apparemment la première place, n’oublions pas que la doctrine économique de ces partis est avant tout libérale : ils n’aiment ni l’État, ni les services publics. C’est le paradoxe : l’extrême droite recueille des suffrages sur un discours antieuropéen, parce que les électeurs veulent sanctionner des gouvernements et une Commission européenne qui font payer aux peuples, par des politiques d’austérité, des crises dont les banques sont responsables. Mais elle ne propose rien qui permette de sortir autrement de la crise.
Plus qu’un raz de marée, ce scrutin acte un ancrage solide du FN
Reste à savoir ce qu’il faut faire « avec » ces mairies FN : en 1995, La Lettre du cadre consacrait sa « une » à la question : « Faut-il collaborer ? » (avec le FN quand la ville bascule). Évidemment, nous répondions « non ». Loin de nous l’idée de donner des leçons de morale : il s’agit d’une position de principe. Mais il n’y a aucune raison de changer de position aujourd’hui, car le FN, lui, n’a pas changé. Reste maintenant aux maires républicains à prendre leur responsabilité et à offrir l’asile et de vrais postes de responsabilité aux DG résistants.

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