Pas de plan Marshall pour les banlieues

La Rédaction

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Le ministre délégué chargé de la ville, François Lamy (PS), a déclaré lundi lors de sa première sortie de terrain qu'il ne ferait pas de "plan Marshall" pour les banlieues, préférant une action "inscrite dans la durée" à une politique de "coups médiatiques"(...)

"Mon objectif, ça n'est pas de faire un plan Marshall, comme l'avait annoncé Nicolas Sarkozy en 2007, sans tenir sa promesse au demeurant", a dit le ministre à l'issue d'une rencontre avec des élus à Villiers-le-Bel (Val-d'Oise), théâtre d'émeutes en 2007.

"Un plan Marshall, c'est un plan d'urgence, par définition. Or l'urgence est peu compatible avec la politique de la ville: on ne peut pas restructurer un quartier d'un coup de baguette magique", a-t-il précisé.

M. Lamy, bras droit de la première secrétaire du PS Martine Aubry, s'était auparavant rendu à Garges-lès-Gonesse, commune UMP, et à Sarcelles, dirigée par le député PS François Pupponi, pour y rencontrer des responsables associatifs et des représentants du monde de l'éducation.

"Je ne crois pas à la rupture. On va regarder ce qui existe et prendre le temps de la concertation, pour voir ce qui marche et ce qui marche moins bien, avant de faire des choix", a-t-il déclaré, assurant vouloir insrire son action "dans la durée".

"La politique de la ville a été marquée ces dernières années par une série de coups médiatiques. Or je ne pense pas qu'on puisse se satisfaire de ce genre de pratiques", a-t-il poursuivi.

Interrogé sur ses objectifs en matière de rénovation urbaine, M. Lamy a dit qu'il souhaitait "réaliser une évaluation" du premier Plan national de rénovation urbaine (PNRU1), dont l'échéance est prévue pour 2013, avant de se prononcer sur un PNRU2, promis par le précédent gouvernement.

"Il faut qu'on prenne en mains tous les dossiers, qu'on regarde opération par opération où l'on en est, avant de se prononcer. On n'arrive pas sur des dossiers comme celui-là comme des éléphants dans des magasins de porcelaine", a-t-il déclaré.

M. Lamy devait ensuite se rendre dans le quartier du Val-d'Argent, à Argenteuil, que Nicolas Sarkozy avait promis de "débarrasser" de ses "racailles" en 2005, pour une rencontre avec des policiers.

"Il s'agit d'une visite symbolique", a dit M. Lamy, ajoutant vouloir "mettre fin à la stigmatisation" dont sont victimes "les quartiers populaires". "Il y a du pessimisme dans ces quartiers, mais aussi beaucoup de vitalité et d'engagement", a-t-il assuré.

Député de l'Essonne depuis 1997 et maire de Palaiseau depuis 2001, François Lamy, 52 ans, a été nommé mercredi dernier ministre délégué chargé de la Ville dans le gouvernement Ayrault. Son ministère est rattaché à celui de l'Egalité des Territoires et du Logement, dirigé par Cécile Duflot (EELV).

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