Pas de transition écologique sans un autre rapport au temps

Aissia Kerkoub

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Pas de transition écologique sans un autre rapport au temps

© Adobestock

Ralentir, ce n’est pas seulement prendre le temps de faire les choses autrement, c’est la condition même du changement. Changer pour l’environnement, c’est donc d’abord changer de rythme. Pour ralentir notre mode de vie.

« Tout nous échappe, il n’y a que le temps qui soit nôtre ». Dans ses Lettres à Lucilius, Sénèque rappelle que si nous ne maîtrisons pas le cours du temps, nous maîtrisons son usage, un enseignement d’actualité à l’heure où l’urgence écologique peut susciter de l’angoisse à l’idée d’un pouvoir d’agir limité.

| Écoutez notre podcast :  Convictions territoriales : « La première source de performance des collectivités, c'est le management des hommes et des femmes » |

La crise sanitaire nous a donné l’occasion de vivre une décélération dans notre quotidien aux nombreux effets bénéfiques pour l’être humain et pour la planète. L’actualité économique nous ramène à une obsession de la croissance, loin des enseignements de cette décélération. L’accélération des rythmes n’est-elle pas à l’origine même de la crise écologique ? En partant de cette hypothèse, la transition écologique exige un autre rapport au temps.

L’ensemble de ces changements demandent de ralentir dans tous les domaines de la vie

La nécessité écologique implique, certes, des changements de comportements individuels mais qui ne dépendent pas de la seule bonne volonté de chacun. Sans une autre vision collective appliquée de notre rapport au temps, il sera difficile d’agir en profondeur. L’ensemble de ces changements demandent de ralentir dans tous les domaines de la vie :
- faire des choix en matière de mobilités qui peuvent nécessiter plus de temps que la voiture (même si cela n’est pas toujours vrai) ou d’abandonner le confort qu’octroie la voiture pour jongler plus facilement entre les différentes séquences d’une journée qui s’enchaînent à un rythme effréné ;

| Lire aussi notre dossier :  Souffrez-vous du syndrome de l’imposteur ? |


- se fournir en produits sains et accessibles, cuisiner soi-même, faire ses courses plutôt que de se faire livrer ;
- recycler, donner, échanger, composter ;
- préférer le train à l’avion lorsque le trajet envisagé le permet et que la liaison existe (tout déplacement lointain ne peut pas être abandonné aussi facilement, pensons aux liens familiaux et affectifs de nombreux Français dans des contrées lointaines) ;
- renouer avec la nature, la faire découvrir à ses enfants lorsqu’on en a, les éduquer à l’écologie et nous former nous-mêmes ;
- agir en tant que dirigeants du secteur public au service d’une urgence écologique dans le cadre temporel de l’administration.

Tout cela nécessite de repenser notre temps de vie, le temps de travail, le temps scolaire

Tout cela nécessite de repenser notre temps de vie, le temps de travail, le temps scolaire. Il s’agit d’un problème social qui ne se résoudra pas par la somme de comportements individuels nouveaux.Tout cela exige un autre projet de société, l’invention d’un système fondé sur un autre rapport au temps. Cet objectif est loin d’être inatteignable, nombreuses sont les cultures à travers le monde riches d’enseignements en la matière. Mais nous donnons-nous vraiment les moyens de ce nouveau projet de société ?


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