Petit guide des grandes manoeuvres

La Rédaction

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En politique, tout est affaire d'équilibre(s). Mais si la nomination du Premier Ministre répond à un message sur la méthode de la future présidence, la nomination du gouvernement, elle, ne répond qu'à une stricte logique politique, d'autant plus dans le cas présent.

A dire vrai, il existe toujours une certaine excitation lorsque l'on est confronté au changement. Certains détestent ça (et entant que territoriaux, nous sommes forcément en mesure de citer quelques exemples de personnes imperméables à toute idée de changement), d'autres ne jurent que par ça, bref, le changement fait toujours parler.

Sans parodier le slogan de François Hollande, le changement, c'est exactement maintenant, puisqu'à l'heure où sont rédigées ces quelques lignes, nous ne savons pas quel sera le gouvernement et les téléphones doivent être en train de sonner un peu partout au sein des états majors socialistes... et de leurs alliés.

Cela va donc être le grand chamboulement partout dans l'appareil d'Etat. Au-delà des personnes, ce sont également les périmètres ministériels et leurs dénominations qui seront attentivement observées, disséquées.

Qu'est-il donc en train de se passer ? Comme toute décision politique, la recherche d'un gouvernement est affaire d'équilibre. Celui-ci est déjà en partie trouvé puisque le Premier Ministre a été nommé. La nomination de Jean-Marc Ayrault est déjà pleine de messages. Pour les territoriaux que nous sommes, nous avons là un Premier Ministre rompu aux questions qui nous concernent. C'était tout de même déjà le cas de François Fillon qui fut Président de Région un certain temps, mais qui mettait moins la question sous les feux de l'actualité que ne pouvait le faire l'un de ses prédécesseurs tel Jean-Pierre Raffarin.

Jean-Marc Ayrault est également un homme qui n'a jamais gouverné au sein d'un Ministère. Certains y voient un défaut, d'autres une qualité. En tout cas, François Hollande a décidé d'écarter d'un revers de la main toute idée d'expérience gouvernementale au sein du tandem qu'il entend former avec son Premier Ministre.

Car le message est sans doute principalement ici. Lorsque Nicolas Sarkozy a voulu endosser lui même la responsabilité du gouvernement (c'est d'ailleurs sans doute ce qui l'a perdu puisqu'il a surtout bénéficié de la baisse de la popularité classique chez un Premier Ministre mais pas chez un Président), c'était pour redonner à la fonction présidentielle un aspect pleinement opérationnel.

François Hollande ne cesse de répéter l'inverse. Il veut fixer le tempo, mais pas être le métronome. Il veut composer la partition, mais pas être chef d'orchestre. Il préfère donc la confiance pour permettre à son Premier Ministre d'agir entant que chef de gouvernement, sans pour autant être en situation de distance par rapport à l'Elysée.

Désormais l'heure est aux Ministères. Si le message relatif à la méthode de François Hollande est passé par l'intermédiaire de la nomination de son Premier Ministre, la formation du gouvernement, elle, répond avant tout à un message politique. Les périmètres des formations concernées, les savants dosages de personnalités, les contours des Ministères, tout y est politique. Hommes ou femmes choisis, chacun portera une partie de l'équation que la nouvelle majorité présidentielle cherche pour se transformer en majorité législative.

Car ce gouvernement porte avant toute chose un message destiné au prochain rendez-vous avec les électeurs. A l'heure actuelle, le gouvernement ne dispose pas d'une majorité à l'Assemblée Nationale. Et l'équilibre du gouvernement ne peut s'en passer.

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