Peut-on parler de transition climatique sans parler de transition managériale ?

Nicolas Braemer

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Peut-on parler de transition climatique sans parler de transition managériale ?

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À l’heure où les collectivités ont largement digéré la décentralisation, elles doivent désormais passer à une nouvelle étape. Où nécessité climatique et nouvelles manières de manager peuvent se rejoindre pour inventer un monde nouveau.

La transition climatique peut-elle exister en suspension de l’air ? Ou, pour dire les choses autrement, peut-on imaginer mener un chantier aussi crucial, difficile, « nouveau », que la migration à marche forcée vers un monde local décarboné, avec toutes les ruptures que cela implique pour les agents comme pour les habitants, sans que le management soit une dimension essentielle de cette transition ? Ou encore, pour envisager les choses sous un autre angle, la transition climatique et la transition managériale sont-elles la même chose ?

| Lire aussi :  “Ce n’est pas la posture des managers qu’il faut revoir mais toute l’organisation” |

Une nouvelle étape

Commençons par dire que nous ne posons pas cette question à n’importe quel moment. Et heureusement. Heureusement, parce que ce début 2022 est aussi celui des 40 ans de la décentralisation qui ont vu les collectivités se couler dans le moule des compétences qui leur ont été confiées, construisant les savoir-faire de leurs agents, apprenant à fabriquer des routes, à gérer des écoles, à passer des marchés publics, bref, remplaçant l’État comme faiseurs efficaces de politiques publiques.

La bonne nouvelle, c’est que beaucoup de DGS veulent cette transition managériale

Et elles sont, depuis maintenant quelques années, passées à une autre étape, où, désormais bien installées dans leur rôle d’acteur local, elles doivent se préoccuper de la manière dont elles font des politiques publiques, de leur efficacité, de leur adéquation avec les besoins des habitants et des conditions dans lesquelles les agents peuvent affronter ces nouveaux défis, notamment climatiques.

| Lire aussi : Les freins au management ne sont pas ceux que l’on croit |

Un choix et une conviction

Voilà donc un défi majeur : rompre avec les organisations pyramidales qui ont fait leur succès pour se tourner vers autre chose, plus collaboratif, plus horizontal, plus confiant, plus démocratique et plus efficace parce que résolument tourné vers les besoins des populations.

La bonne nouvelle, c’est que beaucoup de DGS veulent cette transition managériale

, parce qu’elle correspond à leurs convictions humaines et organisationnelles, et parce qu’elles et ils savent qu’elle seule peut permettre de relever les défis de demain pour leur territoire, notamment en matière climatique. Plus qu’une condition, la transition managériale est un choix et une conviction. Ça ne résoudra pas toutes les difficultés que sa mise en œuvre soulèvera, mais c’est un point de départ essentiel.

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