Politique fiction

La Rédaction

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On dit souvent qu'il n'y a que les américains pour faire de bonnes séries télévisées. En regardant France 2 mercredi soir, on pouvait ajouter que seuls eux parviennent à dépasser la caricature du monde politique quand ils tournent une série consacrée au sujet. Car en France, le résultat est assez irréaliste.

J'ai pu regarder, mercredi soir, la série "les hommes de l'ombre" sur France 2, avec Nathalie Baye notamment. Cette série se dit consacrée au monde politique et à ses satellites, j'ai donc pris place sur mon fauteuil avec une réelle curiosité, d'autant que l'affiche avait l'air assez croustillante. Las, du début à la fin, j'ai passé mon temps à me lamenter sur la lecture que le réalisateur faisait du monde politique: essentiellement communicant et stratégique.

Deux réflexions me sont venues à l'esprit. Tout d'abord que la télévision ne savait que rarement parler politique. En effet, le monde politique est sans cesse représenté à la télévision sous l'angle de la bataille de la communication. Nulle réflexion sur des situtations de crise, des projets de leur réflexion à leur mise en oeuvre, ou même sur des relations humaines. Il est notamment toujours assez incroyable de regarder les scènes de discours. Dans "les hommes de l'ombre", l'heure est à une lecture qui se veut réaliste et pourtant, le discours prononcé par Nathalie Baye sonne creux.

Il suffit de regarder Nicolas Sarkzoy ou François Hollande pour trouver des tics de langage, ou des grands élans lyriques qui participent à une forme de jeu d'acteur. La télévision ne sait pratiquement jamais retranscrire cela.

La seconde réflexion que je me suis faite est que finalement, la lecture que la télévision fait du monde politique est sans doute celle que se fait la majorité des Français. Et en cela c'est inquiétant. Les palais ministériels sont donc vus comme des usines à communicants stressés, surmenés, et n'ayant de cesse que de faire jouer un rôle à des pantins (les politiques). Ces derniers sont d'ailleurs dénués de réflexion personnelle, de valeurs ou de convictions profondes. Le prisme est uniquement celui du pouvoir, de l'ego et partout du mensonge. La communication aurait-elle à ce point pris le dessus ?

Dans le Parisien, cette semaine, deux des acteurs de cette série étaient interviewés: Bruno Wolkowitch et Benjamin Fitoussi. Ce sont les deux principaux comédiens de la série et ils interprètent chacun un communicant dans un camp politique. La dernière question de l'entretien était pour l'un et l'autre de savoir si le monde la politique les attirait après avoir tourné la série. Tous les deux ont répondu sur le registre que c'était un monde où tous les coups étaient permis, où l'ambition prédominait sur tout etc. Evidemment, ce monde n'était pas attirant pour eux (pour qui le serait-il, d'ailleurs ?). Aucun des deux n'avait de recul sur la fiction. Aucun des téléspectateurs ne saura finalement ce qu'est réellement le monde politique, à l'Elysée ou ailleurs, tout en ayant l'impression de le savoir tout de même...

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