Pollution : comment Paris veut mieux respirer

Stéphane Menu
Pollution : comment Paris veut mieux respirer

car smog

© marcovarro

Au printemps dernier, le Bureau européen pour l’environnement a tancé Paris sur la qualité de son air. Au total, 23 villes étaient passées sur le grill, dont 14 capitales. Paris ne figure pas dans le peloton de tête.

Sixième sur quatorze. Ce n’est pas la catastrophe, ce n’est pas non plus réjouissant pour l’une des belles plus villes du monde. Le maintien d’une forte pollution aux particules fines vaut à la capitale française ce petit résultat dans le classement des politiques de protection de la qualité de l’air publié fin mars par le Bureau européen de l’environnement (BEE). Il faut aller au-delà de cette sixième place (ex-aequo avec Helsinki et Londres), établie sur l’ensemble des mesures de qualité de l’air prises dans le domaine des transports. Notre capitale gagne une place par rapport au précédent classement établi en 2011 par la même ONG.

Trop léger sur les particules fines

Là où le bât blesse, c’est dans le domaine de la réduction des émissions, avec des concentrations en particules fines (PM10) et de dioxyde d’azote (NO2), le BEE constatant qu’elles restent, à Paris, « supérieures aux seuils réglementaires européens et sans aucune trajectoire de réduction prévisible ».

Le Bureau européen de l’environnement donne rendez-vous dans quelques mois pour mesurer les effets du plan antipollution de la ville de Paris.

L’ONG va dans les détails sur ce type particulièrement nuisible de pollution : « Aucune réglementation contraignante n’est en place concernant les émissions polluantes des engins de chantiers, fonctionnant pour la majorité au diesel et qui émettent 15 % des NO2 et 5 % des PM10 en ville ». Le BEE donne rendez-vous dans quelques mois pour mesurer les effets du plan antipollution de la ville de Paris.

Hidalgo prend les choses en main

En effet, quelques semaines avant le rappel à l’ordre de l’ONG, Anne Hidalgo a fait adopter « son » plan antipollution. Il prévoit de faire disparaître progressivement les véhicules les plus polluants de la capitale et met en place des aides à l’utilisation de modes de transport propres. Ce plan a l’ambition de répondre à une mise en œuvre anticipée de la loi de transition énergétique et prévoit des interdictions progressives dans le temps de véhicules professionnels ou personnels polluants.

Paris va proposer des aides aux particuliers ou aux professionnels désireux d’abandonner leur véhicule personnel.

L'interdiction concernera d’abord, entre 8h et 20h, les camions et autocars immatriculés avant octobre 2001 et, d’ici juillet 2016, les voitures immatriculées avant janvier 1997 – soit une voiture sur sept à Paris selon la mairie – et les deux-roues enregistrés avant 2000. Entre 2017 et 2020, l’interdiction se généralisera pour certains types de véhicules et sera étendue à des modèles plus récents, jusqu’aux voitures immatriculées avant 2011.

Inciter les Parisiens à abandonner leur véhicule

Paris a connu ces derniers mois quelques pics de pollution aux particules fines. La mairie envisage de créer encore plus de zones à trafic limité ou réservées aux véhicules peu polluants. En contrepartie, la ville, qui assure prévoir un investissement de 1,7 milliard d’euros sur les transports sur la durée de la mandature, va proposer des aides aux particuliers ou aux professionnels désireux d’abandonner leur véhicule personnel. Cela prendra la forme d’un an d’abonnement gratuit aux transports en commun (Passe Navigo annuel), ainsi que d’un abonnement annuel à Vélib et d’une offre découverte du service Autolib’. L’acquisition d’un vélo et d’éventuels accessoires de sécurité complète les offres. Chaque bénéficiaire pourra ainsi disposer d'une aide allant jusqu’à 500 euros ; 3 M€ sont prévus tout au long de la mandature pour financer ces mesures incitatives.

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