Pourquoi les cadres territoriaux doivent s'engager

Emilie Bret

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Pourquoi les cadres territoriaux doivent s'engager

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© avier Castro

Dans une période où l’on a davantage de raisons d’avoir peur que de se réjouir, il est plus que de notre devoir de continuer à agir. À notre place, de fonctionnaire et de cadre territorial, nous avons les moyens de faire, de mettre en place des solutions qui sont autant de réponses concrètes aux dangers que nous courrons.

Au conseil départemental de l’Ardèche, à l’automne 2003, les futurs lauréats de la promotion Vercors planchaient sur cette question de l'engagement lors de l’épreuve de culture générale du concours d’administrateur territorial. Vaste question, question d’ordre privé, d’ordre public, question pour des hommes et des femmes qui escomptaient alors avoir un rôle dans la gestion publique de leur pays, à leur échelle, avec leurs compétences et leurs moyens.

10 ans après…

Plus de dix ans ont passé : question prémonitoire ? À l’heure où les dangers semblent partout – rupture du lien social, montée vertigineuse d’une pensée politique haineuse et clivante, manque d’argent public, accélération des événements, déferlante médiatique, violence inouïe et urgence permanente – que dire, que faire, comment penser et agir, afin de retrouver un semblant de sagesse et de sang-froid ?

Les derniers événements nous ont montré, dans le chagrin et la révolte qui ont animé les républicains que nous sommes, à quel point le service public et ses serviteurs, les fonctionnaires (et oui !) étaient indispensables : pour guérir, bien sûr, mais aussi pour prévenir…

La stratégie du colibri

Alors, cadres territoriaux lecteurs de cette Lettre, faut-il s’engager, avant qu’il ne soit trop tard ? Votre devoir de réserve savamment compris, engagez-vous : c’est la stratégie du colibri ! À votre échelle, apportez ce que vous pensez pouvoir apporter pour que demain le monde soit un peu moins violent, un peu plus respirable, un peu moins endetté, un peu plus solidaire, un peu moins malade, un peu plus joyeux, un peu plus vivable en somme.

Nous avons la chance de pouvoir actionner des leviers qui feront que la devise française pourra perdurer ou pas.

Concevez des politiques éducatives ouvertes à tous, pensez des dispositifs d’appui aux énergies renouvelables, chassez les gaspillages, mais ne faites pas de coupes franches et uniformes dans les budgets. Faites arriver le service public là où les territoires en ont besoin, été comme hiver, en ville comme à la campagne, réinventez l’hôpital public, mais aussi parlez avec les citoyens, vos usagers, vos pairs, acceptez leurs critiques. Enfin, reprenez du souffle et de l’énergie car la tâche est infinie mais ô combien noble !

« Je fais ma part »

Au creux de cet hiver 2015-2016, commencé sous de lourds auspices, notre responsabilité est immense, et le courage devra être plus que jamais au rendez-vous. Parce que nous avons la chance de pouvoir actionner des leviers qui feront que la devise française pourra perdurer ou pas, parce que nous avons la charge de les utiliser à bon escient, avec humilité, avec prudence, avec respect et avec le souci permanent de savoir où ira le moindre euro d’argent public, engageons-nous, donc.

Tel le colibri de Pierre Rabhi qui, goutte d’eau après goutte d’eau, tente d’éteindre l’incendie, malgré les moqueries de ses congénères, les autres animaux de la forêt, demeurés inactifs bien que ce soit leur propre maison qui brûle, en leur répondant : « je fais ma part ».

Tribune dédiée aux 130 victimes de la tuerie du 13 novembre 2015.

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