Protection de l'environnement : naissance d’une conscience locale

Laure Martin

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Protection de l'environnement : naissance d’une conscience locale

© Steve Greer / SteveGreerPhotography.com

Les conférences internationales réunissant annuellement les grands dirigeants de ce monde ont un enjeu symbolique fort pour l’environnement et la biodiversité, même si parfois les engagements pris sont rangés au placard. Au niveau local aussi les acteurs bougent et font concrètement du bien à la planète.

De quand date cette prise de conscience locale que les acteurs locaux en font autant, voire davantage, que les autres acteurs en matière de protection de l’environnement ?

« En France, j’ai distingué deux périodes que je classerais en pré et post-Grenelle de l’environnement de 2007 », souligne Fabien Thoumire ((Fabien Thoumire est également l’ancien dirigeant d’un bureau d‘études en accompagnement des politiques publiques de développement durable pour les collectivités territoriales et les entreprises.)), chef de projet développement durable et responsabilité sociétale à l’université de Rouen. Avant le Grenelle, il y a eu des démarches volontaires de la part des collectivités territoriales mais c’était très « personne dépendante » et ça le reste encore. « Un élu très motivé et intéressé par la biodiversité peut être à l’initiative de grandes mesures, dit-il. Je crois aux démarches volontaires, mais si l’équipe change, tout peut tomber à plat. Il faut donc veiller à ce que cela entre dans le fonctionnement même d’une collectivité. »

Après le Grenelle, la prise en compte de la nécessité d’agir pour la préservation de l’environnement a fait un bond. « Mais aujourd’hui, il y a presque un surplus de réglementations et les collectivités ne savent plus trop par où commencer », constate Fabien Thoumire.

Des maires engagés

« Je suis arrivé à Bordeaux il y a dix ans pour mettre en place une politique de développement durable un peu plus active, témoigne Patrick Faucher, directeur de la délégation au développement durable. Le maire, Alain Juppé, rentrait d’un an au Québec et était convaincu de la nécessité d’agir. »

La ville de Strasbourg n’est pas en reste et a d’ailleurs été nommée capitale de la biodiversité en 2014 pour son agriculture urbaine, périurbaine et sa biodiversité. « Cette aventure en faveur de la biodiversité et la protection de l’environnement a débuté en 2007 », rapporte Christel Kohler, adjointe au maire en charge de la ville en nature et la ville nourricière. La prise de conscience s’est faite autour de l’usage des produits phytosanitaires et de leurs conséquences sur les nappes phréatiques ainsi que sur la santé des agents.

Paris est devenue la première collectivité française à adopter le « 1 % Déchets ».

La ville de Paris a également pris d’importantes initiatives pour ses habitants, ses agents, mais aussi pour soigner son image à l’échelle internationale. en matière d'environnement. Outre l’interdiction des produits phytosanitaires depuis 1995, « la collectivité mène actuellement une réflexion sur le recours à l’éco-pâturage », explique Pénélope Komitès, adjointe à la maire de Paris, en charge des espaces verts et de la biodiversité. La ville agit également à l’international (lire encadré). Depuis l’adoption, le 7 juillet 2014, du projet de loi d’orientation sur la politique de développement et de solidarité internationale, les communes peuvent mener, dans la limite de 1 % des ressources affectées à ces services, des actions de coopération, d’aide au développement ou à caractère humanitaire, dans le domaine de la collecte et du traitement des déchets des ménages.

La capitale s’engage à l’international
La ville de Paris a choisi de s’engager dans un nouveau dispositif de solidarité internationale, en devenant la première collectivité française à adopter le « 1 % Déchets ». Avec ce dispositif, elle contribue, dans les pays en développement, à l’amélioration des conditions de vie et de la santé publique ainsi qu’à la lutte contre le réchauffement climatique en participant à l’amélioration de la collecte et du traitement des déchets. La première action va avoir lieu avec la municipalité de Brazzaville, en vue de la structuration de la filière des déchets ménagers et le renforcement des capacités de la direction de l’environnement et de la propreté de la ville (DEPV) et des acteurs locaux. Le coût global prévisionnel du projet est de 71 585 euros. La ville de Paris devrait contribuer au financement à hauteur de 58 185 euros.

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