Raffarin rêve de "grandes régions"

La Rédaction

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L'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin s'est déclaré mardi favorable à "des grandes régions" couvrant un espace géographique plus important, ce qui remédierait selon lui au "problème des doublons" souvent relevé entre départements et régions.


"Le problème des doublons aujourd'hui, c'est que dans un grand nombre de régions, la région et le département ont des périmètres trop voisins, et donc ils sont concurrents", a fait valoir le sénateur UMP lors d'un colloque au Sénat sur le thème "Trente ans de décentralisation, et après?", organisé par Le courrier des maires.

L'ex-président de la région Poitou-Charentes a observé que le département de Charente-Maritime "a un budget plus important que celui de la région" à laquelle il appartient et, par exemple, "il considère que le tourisme en Charente-Maritime, c'est son affaire", pas celle des élus régionaux.

"Puisqu'on n'a pas choisi de rapprocher départements et régions", ce qui était le sens de la réforme Sarkozy que la gauche s'apprête à abroger en partie, "je pense qu'il faut maintenant séparer les deux, aller vers des grandes régions pour faire de la vraie stratégie, et garder les départements pour faire de la cohésion territoriale", a affirmé M. Raffarin, alors que le gouvernement prépare une troisième vague de décentralisation pour le début 2013.

Selon lui, "si (vous mettez ensemble) Aquitaine, Poitou-Charentes, voire Limousin, vous avez à peu près la taille de Rhône-Alpes, ça donne une vraie puissance et il n'y a pas de problème de doublons car la région ne fait pas du cantonalisme" soit le travail du Conseil général.

Pour l'ex-Premier ministre, "les décentralisateurs doivent travailler à une réforme qui nous fera faire des économies sur une meilleure rationalisation des compétences". "Les décentralisateurs ne peuvent pas être immobiles, parce qu'ils sont le parti du mouvement" et sont d'abord animés par "un projet politique: rapprocher le citoyen" des centres de décision, a-t-il insisté.

M. Raffarin a jugé que "l'Etat n'a pas bien réagi" pour accompagner la décentralisation. "On a trop affaibli nos outils du moyen terme", a-t-il regretté, mentionnant "la Datar, le Commissariat au plan". "En abandonnant le moyen terme, l'Etat n'est pas à sa place", a-t-il dit.

Selon le sénateur, il faut "donner une vraie autorité au préfet, on doit avoir plus de force de l'Etat dans les territoires".

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