Réforme territoriale : tout le monde à l'Élysée

Nicolas Braemer

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Réforme territoriale : tout le monde à l'Élysée

Elysée_Palace,_Paris_2005

© Eric Pouhier

En trois jours en cette fin de semaine, tout ce que la France compte de partis politiques comptant un peu, aura été reçu à l’Élysée. Comme il l’avait promis, François Hollande aura donc écouté tout ce beau monde, du PS au FN et de l’UMP au PC, lui expliquer en quoi ils sont pour, contre, ou ni pour ni contre une nouvelle réforme de la décentralisation. Petit récapitulatif des positions et réactions de chacun à la sortie de l’Élysée.
C’est aujourd’hui le 3e jour de consultation sur la consultation sur la réforme territoriale par l’Élysée. Après avoir reçu le PS et les Verts, mercredi et les centristes, jeudi, le président de la République recevra en effet le reste des partis politiques, dont l'UMP, le Front de Gauche et le FN. Petit rappel des réactions des reçus à l’Élysée.Mercredi, le PS veut des « clarifications »Les premiers à ouvrir le bal ont été les socialistes : leur Premier secrétaire, Jean-Christophe Cambadélis et les présidents des groupes parlementaires au Sénat, Didier Guillaume et à l’Assemblée, Bruno Le Roux.Les socialistes ont d’abord et surtout réclamé au président François Hollande une " clarification rapide " sur la réforme territoriale. « Nous avons dit au président qu'il était nécessaire que l'on soit informé le plus rapidement possible de là où l'exécutif veut aller » a déclaré Jean-Christophe Cambadélis à l’issue de la rencontre. On pourrait faire plus enthousiaste. On n’en saura pas tellement plus sur la position du PS à part qu’il est « favorable à une réforme qui soit efficace pour nos concitoyens" et qu’il considérait qu’aujourd’hui, "malgré le travail fait par l'ensemble des élus, l'efficacité, la proximité et la justice n'étaient pas au rendez-vous ».Pour les Verts, ce sont Emmanuelle Cosse, Secrétaire nationale d’Europe Écologie les Verts, Jean-Vincent Placé, Président du Groupe écologiste au Sénat, Barbara Pompili et M. François de Rugy, coprésidents du Groupe écologiste à l’Assemblée, qui s’y sont collés.Emmanuelle Cosse a surtout pris parti pour le report des élections régionales et cantonales : "La réalité, dit-elle, c'est qu'il est toujours plus honnête de se présenter devant des électeurs en leur disant pourquoi vous vous présentez, pour quelles compétences et pour quel territoire ». Quant à la réforme elle-même, on pourra comprendre que les Verts la soutiennent, à partir du moment où sa secrétaire nationale dit « appuyer la volonté du président et du gouvernement d'agir vite et de ne pas laisser cette question s'enliser".

 Jeudi, on commence par les petits…

Hier, jeudi 15 mai, la parole était essentiellement aux centristes. Il faut sans doute y voir l’affichage d’une consultation qu’on veut ouverte à tous : le bal a été ouvert même aux plus anecdotiques des partis : Philippe de Villiers pour le MPF et Robert Hue pour le MUP (Mouvement Unitaire progressiste). On est ensuite passé aux choses un peu plus sérieuses : ont été reçus dans l’après-midi à l’Élysée : François Bayrou pour le Modem, le PRG (représenté par son président, Jean-Michel Baylet et les président des groupes parlementaire au Sénat, Jacques Mézard et à l’Assemblée, Roger-Gérard Schwartzenberg. Pour conclure l’après-midi, la grosse armada centriste de l’UDI, dont toutes (ou presque) les sensibilités étaient représentées : Yves Jégo, président par intérim du groupe UDI à l’Assemblée, le secrétaire général, Jean-Christophe Lagarde, Laurent Hénart, président du Parti Radical, Hervé Morin, président du conseil national de l’UDI et président du Nouveau Centre, Philippe Vigier, président du groupe UDI à l’Assemblée nationale et, n’en jetez plus, François Zochetto, président du groupe UDI-UC au Sénat.Plusieurs des « reçus » de jeudi ont réagi à leur sortie de l’Élysée. Certains pour approuver la réforme, d’autres pour la dézinguer.Au chapitre des défenseurs, on trouve Robert Hue, pour qui “une réforme est indispensable” et “rapidement”, même s’il faut “impérativement consulter étroitement les élus et les citoyens”. Le MUP fait trois propositions : - un pacte financier entre l’État et les collectivités territoriales avec un renforcement de la péréquation; - l’élection de tous les élus des territoires au suffrage universel direct; - une redéfinition des compétences des collectivités et que seules les communes bénéficient de la compétence générale. Elles seront ainsi le pilier de notre démocratie locale.On pouvait s’attendre à ce que Philippe de Villiers soit moins tendre. En bon réactionnaire, le patron du MPF veut revenir au bon temps d’avant… l’Europe. Il l’a été. "Depuis des années, a-t-il expliqué, on a transféré le pouvoir des maires aux communautés de communes, et puis maintenant on voudrait transférer le pouvoir des départements aux régions qui elles-mêmes deviendraient des grands duchés, des régions encore plus abstraites. Et on a transféré le pouvoir de l'État à Bruxelles, Francfort et Washington". Et de proposer de « rapatrier le pouvoir de Bruxelles à Paris mais en s'appuyant sur les structures qui sont encore des repères pour les Français, c'est-à-dire les départements, qui ont une réalité affective, et puis les communes". Comprenne qui pourra…Les Radicaux de gauche, sont, ce n’est une surprise pour personne, assez opposés à la suppression des départements, qu’ils jugent impossible. Mais, pas « fermés à quoi que ce soit », le PRG veut faire "le distinguo entre les départements (situés dans) des métropoles et les départements totalement ruraux". Ils sont également disponibles pour « discuter du nombre de régions », mais si tout cela « donne lieu à beaucoup de concertations et beaucoup de rencontres". Finalement, le président à peut-être un allié chez les Radicaux.… et on finit par les centristesFrançois Bayrou, veut un référendum, qu’il considère comme « le seul moyen pour obtenir le changement ». Le patron du Modem dit être « partisan de la fusion des régions et des départements » mais avertit : il sera "très difficile de faire disparaître l'assemblée départementale (conseil général) sans faire disparaître le département et on ne peut pas faire disparaître le département comme découpage s'il n'y a pas une réforme constitutionnelle". Donc ?Enfin, ce fut le tour des « radicaux de droite »… on plaisante : les centristes. « Soucieux de l’intérêt supérieur du pays », ils « soutiennent le principe d’une réforme ambitieuse de l’organisation territoriale », c’est déjà ça, mais si elle s’accompagne d’une « réforme de la sphère d’intervention de l’État et de son organisation locale et d’une réforme en profondeur de la fiscalité locale ».Les centristes ne veulent pas « d’un modèle unique d'organisation territoriale, imposé d'en haut, à des territoires urbains, périurbains comme ruraux. Les territoires, qui en ont la légitimité, doivent pouvoir co-décider de la meilleure organisation à adopter ». Ils réclament « une méthode claire et écrite et un calendrier précis ».La suite pour vendrediAujourd’hui vendredi, ce sera le tour des autres partis. L’UMP sera reçue en premier, à 11h30, avec son président Jean-François Copé et les présidents des deux groupes parlementaires, Jean-Claude Gaudin et Christian Jacob.Ensuite, dans l’après-midi, seront reçus par François Hollande : - à 15h, Martine Billard et Gabriel Amard pour le Parti de Gauche. - à 16h, Jean-Luc Laurent et Marie-Françoise Bechtel pour le Mouvement républicain et citoyen. - à 17h Nicolas Dupont-Aignan, Président de Debout la République - à 18h Pierre Laurent, Secrétaire national du PCF et Eliane Assassi, Présidente du Groupe Communiste au Sénat - Et enfin, le meilleur pour la fin : à 19h Marine LE PEN, Présidente du Front National.Après ça, tout le monde en week-End. On vous tiendra informés des réactions de tout le petit monde reçu ce vendredi dans un article mis à jour.

Lire aussi sur ce sujet :

Réforme territoriale : confusion à tous les étages- Hollande lance la consultation sur une réforme territoriale à plusieurs inconnues- Hollande envisage un report des élections régionales et cantonales en 2016Associations d’élus : pendant la crise, le (triste) spectacle continue- André Vallini nommé secrétaire d’Etat à la Réforme territoriale- Valls annonce le Big Bang territorial 

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