ReLIRE et ses remous

La Rédaction

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On s'en doutait, la méthode employée pour la numérisation des oeuvres indisponibles continue de susciter un grand nombre de réactions hostiles. Auteurs, éditeurs, professionnels de l'information, mais aussi simples lecteurs se sont exprimés avec une belle unanimité contre ReLIRE.

Du côté des auteurs, de nombreux échanges ont lieu au sein du groupe Facebook du collectif d'auteurs Le Droit du serf (discussions, partage de liens - voir notamment ce post signalant quelques analyses pertinentes sur le sujet). Notons que toutes les familles d'auteurs se mobilisent : des traducteurs sont présents au sein du Droit du serf, les auteurs de BD ont manifesté leur opposition (voir notamment la réaction de Benoît Peeters, scénariste des Cités Obscures, sur Mediapart), Didier Daeninckx, dont plusieurs "indisponibles" sont déjà réédités chez François Bon, a rendu public sur le tiers livre sont courrier d'opposition à la numérisation de ses oeuvres par ReLIRE (la réponse de la BnF est fabuleuse...).

Du côté des éditeurs, je ne reviens pas sur la réaction de François Bon, mais j'ajouterai celle des éditions Ad Astra, virulente mais parfaitement claire ("honte", "vol", "escroquerie", "médiocrité", "bêtise", "expropriation").

Du côté des sciences de l'information, on retrouve en première ligne des professionnels et chercheurs experts sur ce thème et rompus à son analyse : Olivier Ertzscheid, Philippe Aigrain (qui parle carrément de corruption des institutions), Lionel Maurel et Hubert Guillaud. Leur billets sont très synthétiques sans être simplistes et permettent de saisir les principaux aspects du problème ; et si vous ne pouvez en lire qu'un, faute de temps ou de connaissance sur le sujet, c'est le Storify de Silvère Mercier, "Le débat sur les oeuvres indisponibles et orphelines pour les nuls", qu'il vous faut.

Enfin, une lectrice prend la parole sur le blog Psychopompe et dénonce le programme ReLIRE en réutilisant le slogan anti-guerre "Not in my name" (pas en mon nom).

La mobilisation contre ReLIRE est donc loin de se tarir, et soyons sûrs qu'elle sera ravivée à chaque nouvelle salve de numérisation massive printanière...

A lire également : ActuaLitté reste un média à surveiller pour se tenir informé de rebondissements de l'affaire ReLIRE. Il a notamment publié ces derniers jours : "ReLIRE Bay : Registre des livres indisponibles en réédition électronique" (il fallait bien s'y attendre, la Team Alexandriz réplique avec humour), "Numérisation des indisponibles : quel respect de l'intégrité des oeuvres ?", et ce compte-rendu de la présentation officielle du registre : "Oeuvres indisponibles : ReLire marquera « l'histoire de la pensée »".

Et à voir : Arte diffusera mardi 2 avril, à 20h50, un documentaire sur le programme Google Books, "Le livre selon Google".

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