Rentrée 2013 : l'école numérique

La Rédaction

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Films d'animation sur les notions de base en primaire, collèges pilotes "connectés", modules de formation continue en ligne pour les profs: Vincent Peillon présente lundi une série de services numériques qui seront lancés à la rentrée 2013, destinés aux élèves, aux enseignants et aux parents.

Le ministre de l'Education nationale doit détailler des dispositifs dont le principe avait été annoncé en décembre, dans le cadre d'une stratégie d'entrée de l'école dans le numérique prévue sur plusieurs années.

L'objectif est non seulement de favoriser l'équipement et d'assurer sa maintenance, mais aussi de développer les usages, d'y former les professeurs et de créer des ressources pédagogiques numériques. Car malgré une quinzaine de plans successifs, la France reste à la traîne pour l'utilisation du numérique à l'école, classée 24e sur 27 par l'OCDE.

Or le ministère voit dans le numérique un outil pour réduire les inégalités sociales et territoriales d'accès à la culture.

A la rentrée, onze services numériques seront mis en place puis enrichis progressivement. En primaire, des films d'animation de deux minutes développés par le Centre national de documentation pédagogique (CNDP) expliqueront "de façon ludique" des notions fondamentales en français, maths ou sciences: l'adjectif qualificatif, le triangle rectangle, lire l'heure... A visionner en classe comme à la maison.

Autre service pour les écoliers, "English for schools", des ressources pédagogiques numériques en ligne destinées aux 8-11 ans, développées par le Centre national d'enseignement à distance (CNED), avec des vidéos, articles ou jeux, disponibles à partir d'octobre sur www.englishforschools.fr . Des ressources pédagogiques pour les professeurs y figureront aussi.

Au collège, D'COL, service de soutien scolaire en ligne, sera mis en place en octobre pour 30.000 élèves de l'éducation prioritaire, en français en maths et en anglais, sur proposition du chef d'établissement, avec l'accord des parents et moyennant un tutorat.

Il y aura aussi à la rentrée vingt sites pilotes "collèges connectés" pour développer les usages pédagogiques du numérique. Cela passera par une utilisation quotidienne du numérique, en moyenne une à deux heures par jour, des équipements comme des tableaux numériques interactifs ou tablettes, une communication régulière avec les familles, un plan de formation des enseignants et un projet d'établissement intégrant le numérique.

Les enseignants trouveront sur le site Eduteque.fr des ressources pédagogiques grâce à un partenariat avec des institutions culturelles et scientifiques comme Le Louvre, la Bibliothèque nationale de France, l'INA, l'IGN, la Cité de la musique ou Universciences.

Un apprentissage "plus vivant, plus actif, plus joyeux"

Les professeurs pourront suivre des modules de formation continue sur une plateforme baptisée M@gistère, accompagnés par un formateur présent ou à distance. Parmi eux "enseigner la maîtrise de son identité numérique", "le respect d'autrui et de la différence", "prendre en compte le handicap" ou "l'autisme".

"Si la formation en ligne peut apporter aux enseignants des compléments intéressants pour réactualiser leurs connaissances et les aider, pourquoi pas, mais elle ne peut en aucun cas se substituer à la remise en place d'une formation continue de l'enseignant, déclinée dans les départements, en +présentiel+" (avec un formateur présent), estime Sébastien Sihr, secrétaire général du SNUipp-FSU, premier syndicat du primaire.

Côté parents, un documentaire a été réalisé pour les aider en CP à accompagner leurs enfants lors de cette année d'apprentissage de la lecture. L'inscription au lycée pourra se faire en ligne.

Le ministère veut aussi relancer l'éducation aux médias et à l'information pour que les élèves en aient une lecture critique, et les sensibiliser à un usage responsable d'internet et des réseaux sociaux. Il planche aussi sur l'organisation d'une filière du numérique éducatif.

Avec le numérique, "le professeur se recentre sur le coeur de son métier", estime Vincent Peillon lundi dans un entretien croisé avec le philosophe Michel Serres dans Libération. "Car il faut être capable de lire l'information, de la sélectionner, de la comprendre".

L'apprentissage peut devenir "plus vivant, plus actif et aussi plus joyeux. Il peut toucher des enfants rétifs au système d'enseignement traditionnel", souligne-t-il.

CC/AFP

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