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Retraites : les femmes perdantes ?

Christine Cathiard

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Quand elles évoquent la parité hommes-femmes à propos de la réforme des retraites, de la future réforme du scrutin pour les Conseils généraux et régionaux, ou encore de l'administration territoriale, la député Marie-Jo Zimmermann et la sénatrice Jacqueline Panis estiment que le compte n'y est pas.
Sur le retour à la limite de 65 ans, au lieu de 67, décidée par le gouvernement pour la retraite à taux plein des femmes ayant élevé au moins trois enfants, les deux parlementaires UMP ne se disent qu'à moitié satisfaites : « On a fait un pas mais limité, et en créant une discrimination entre les mères de famille et les femmes en général », lance Marie-Jo Zimmermann.« Et puis arrêtons de dire que ça va coûter 3 milliards! Chaque fois qu'il s'agit des femmes on se croit obligé de dire ce que ça va coûter. C'est indécent ! Si on avait été correct depuis 1972 et appliqué les règles de l'égalité salariale et professionnelle on ne serait pas obligées de quémander aujourd'hui quelque chose de juste ! Et on oublie que grâce à ces femmes qui ont eu des enfants on a encore des générations d'actifs aujourd'hui... ».Jacqueline Panis juge pour sa part qu'« il y a certes une première avancée, mais ce n'est pas suffisant par rapport à ce que nous avions proposé à la délégation. Il faut franchir une étape supplémentaire et appliquer vraiment l'égalité professionnelle et salariale hommes-femmes. J'avais d'ailleurs proposé, au sein de la délégation, que la limite de 65 ans soit accordée pour toute personne ayant élevé des enfants, y compris un homme, mais cela n'a pas été retenu... ».Retraites : un débat tronquéLa député de Moselle déplore que la réforme ne comporte pas un volet spécifique complet consacré aux femmes. Elle rappelle que 80 % des femmes entre 60 et 65 ans sont au chômage, souvent après avoir occupé des emplois précaires ou à temps partiel.Et Marie-Jo Zimmermann de rappeler au passage que sur 30 % de salariés qui ont aujourd'hui un emploi à temps partiel, 80 % sont des femmes. Pour elle, le débat est donc « tronqué ".
« Ce que les caisses de retraites ne donneront plus, on le pompera dans les caisses de solidarité. On déshabille Paul pour habiller Pierre... »
Sur une autre importante réforme à venir, celle du mode de scrutin pour les départements et les régions, les deux parlementaires sont convaincues qu'elle sera très défavorable aux femmes: avec deux fois moins de conseillers territoriaux à élire pour remplacer à la fois les conseillers généraux et les conseillers régionaux, elles sont persuadées que les hommes vont réclamer, et obtenir, en priorité l'investiture des partis.Moins de conseillères territoriales en 2014« Le scrutin uninominal est la meilleure façon d'être élu, car c'est la personne qui compte. Mais compte tenu du nombre de sortants hommes, ce sera automatiquement les femmes qui seront suppléantes, prédit Jacqueline Panis. En 2014 on va perdre énormément d'élues, et on va perdre du temps, tout un mandat, le temps que le surplus d'élus hommes se résorbe... On a évoqué cette réforme au sein de la délégation avec Michelle Andrée (sénatrice PS du Puy-de-Dôme, présidente de la délégation). On attend le texte définitif pour faire part de notre mécontentement... »« Faites le calcul , dit Marie-Jo Zimmermann, on a aujourd'hui 47 % de femmes conseillères régionales et 18 % de femmes dans les Conseils généraux. Si on additionne et qu'on divise par deux, on va arriver à peine à 20 % de conseillères territoriales, alors que les femmes représentent 52 % de la population... En politique on n'a pas fait de progrès sur la parité...A droite sur ce sujet on a du retard, et je le regrette... Pour compenser on dit qu'on va mettre la parité dans les communes de moins de 500 habitants pour créer un vivier de femmes élues. Mais c'est indécent : le vivier existe déjà, il est là depuis des années, dans les Conseils régionaux, dans les exécutifs... »

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