Rio + 20 : vers un échec annoncé

La Rédaction

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Alors que le prochain sommet sur le développement durable est prévu pour le 20 juin prochain, une nouvelle séance de négociations s'est engagée depuis le 23 avril au siège des Nations Unies. L'objectif : aboutir à un document « consensuel » d'ici le 4 mai.

Or, en l'état, on est plutôt sur un texte qui montre plus de tensions que d'accords entre deux camps : ceux qui veulent renforcer la protection de l'environnement et ceux qui sont favorables à la croissance (en la teintant de vert).

Et d'après Brice Lalonde qui est le coordinateur de Rio + 20, les négociations sont depuis le début compliquées et difficiles. La preuve : le document de base est passé de 20 pages à plus de 250 pages, uniquement par ajout successif des demandes « personnelles » de chaque état.

Si les grands principes sont toujours réaffirmés (« cela ne mange pas de pain ! »), comme le développement d'une économie verte alliant équité sociale et réduction des impacts environnementaux (les fameux principes du développement durable), de nombreux signes montrent que, dans le concret, c'est loin d'être évident. Ainsi, les japonais et les américains ont demandé le « respect d'un droit au développement ».

La gestion « durable » des ressources et des matières premières est encouragée mais aucun objectif concret dans aucun domaine n'est précisé.

Côté gouvernance, le projet d'OME (Organisation mondiale de l'environnement) prôné par la France pourrait passer aux oubliettes, compte tenu des opposants : les USA, le Japon, le Canada ou la Russie.

Le calendrier renverrait à la période 2012/2015 l'élaboration d'indicateurs qui permettraient d'évaluer les efforts réalisés entre 2015 et 2030. Mais, comme on n'a aucune indication concrète sur les types d'efforts concernés et sur un échéancier, on peut rapidement conclure que Rio + 20 devrait « accoucher d'une souris » et donc d'un nouvel échec.

Joël Graindorge, Directeur général des services techniques.

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