Santé, pourquoi le droit commun est en panne

Stéphane Menu

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Santé, pourquoi le droit commun est en panne

Les honoraires médicaux

© Richard Villalon

Médecins du Monde a récemment publié la onzième édition de son Observatoire de l’accès aux soins. 29 960 personnes ont été reçues en 2013 dans les 20 centres d’accueil, de soins et d’orientation (Caso) que compte l’association. Cette dernière interpelle le gouvernement pour simplifier encore l’accès aux droits et aux soins.
Dans les centres d’accueil, de soins et d’orientation de Médeçins Du Monde, 40 547 consultations médicales et 3 685 consultations dentaires ont été délivrées en 2013, soit un léger recul par rapport à 2012. Médecins du Monde reste sur sa logique : ce « nombre moyen de consultations par patient, relativement faible, illustre la volonté pour les équipes de MdM de ne pas s’engager dans une démarche de suivi médical et d’orienter au maximum les personnes vers le système droit commun », relève l’étude. Six patients sur dix qui franchissent les portes des Caso souffrent de pathologies chroniques (respiratoires, digestives, ostéoarticulaires et dermatologiques) réclamant une attention médicale soutenue « dans un contexte où la plupart des patients ne disposent d’aucune couverture maladie et vivent dans des conditions de précarité extrêmes ». Autre indicateur éloquent : 11 % des personnes reçues dans les centres souffrent de trouble de la santé mentale.

Trois quarts des patients auraient droit à une couverture maladie

MdM constate toujours le même décalage entre l’accès potentiel aux droits à la santé et la réalité. « Près de 90 % des personnes reçues ne disposent d’aucune couverture maladie lorsqu’elles sont accueillies pour la première fois dans un Caso, alors que près des trois quarts ‘des patients’ pourraient théoriquement en bénéficier », selon l’association. MdM en profite pour rappeler une de ses revendications : fusionner l’Aide médicale d’Etat (Ame) dans le dispositif de couverture maladie universelle (Cmu).
MdM souhaite que le gouvernement sorte d’une « gestion au thermomètre », en mettant l’accent, entre autres, sur « l’accompagnement vers le logement pérenne »
L’objectif serait d’offrir « un accès aux soins plus simple et moins stigmatisant, seule garantie d’une politique de santé publique efficace ». Sans surprise, MdM reste sur sa faim quant à la mise en œuvre du plan pluriannuel de lutte contre la pauvreté, « l’impact concret (Ndlr, des) mesures tarde à se révéler et reste largement insuffisant », a constaté l’association.

13 % de mineurs

Le profil-type des personnes accueillies pour des raisons de santé ou autres, est un jeune, étranger, en situation de grande précarité. En effet, les personnes accueillies sont des hommes, plutôt jeunes (33 ans en moyenne, dont 13 % de mineurs) et de nationalité étrangère (95 %). Un tiers est arrivé en France depuis moins de trois mois. 8 % des personnes reçues disposent d’un logement personnel. Sur le logement et l’hébergement, à l’unisson d’autres associations, MdM souhaite que le gouvernement sorte d’une « gestion au thermomètre », en mettant l’accent, entre autres, sur « l’accompagnement vers le logement pérenne ».

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