Sommes-nous vraiment tous enfermés dans notre propre rôle ?

Thomas Eisinger

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Sommes-nous vraiment tous enfermés dans notre propre rôle ?

Comedy and tragedy theatrical masks

Il nous arrive d'avoir, individuellement, des comportements qui nous mènent avec le groupe auquel nous appartenons droit à la catastrophe. Or, c'est à nous de trouver les moyens de sortir de cette apparente fatalité et surtout d'éviter que la situation se reproduise...

Connaissez-vous l’histoire du scorpion et de la grenouille ? Derrière cet intitulé très lafontainien se cache un conte que vous ne trouverez cependant pas dans les textes de l’auteur des célèbres Fables mais qui en partage très certainement l’esprit.   « Dans ma nature » Un scorpion demande à une grenouille de le transporter sur l’autre rive d’un cours d’eau. D’abord effrayée par l’aiguillon venimeux de son interlocuteur, la grenouille accepte finalement, le scorpion lui démontrant dans un discours très cartésien que la piquer au cours de leur escapade les conduirait tous deux à une mort certaine. Pourtant, au milieu de la rivière, le scorpion poignarde mortellement la grenouille ! Les bras lui en tombent, comme dirait la Vénus de Milo. Quand le batracien demande à l’arachnide la raison de son geste, ce dernier lui répond, avant d’être englouti à son tour par les flots, que c’était tout simplement dans sa nature. Notre propos n’est pas de dire ici que certaines personnes sont en toutes occasions de méchants scorpions et d’autres de pauvres grenouilles : comme on aime à le rappeler, le monde se divise en deux catégories, les personnes qui divisent le monde en deux catégories et les autres… Non, ce n’est malheureusement pas aussi manichéen que la fable pourrait le laisser croire. Un précédent article rappelait que, dans les échanges répétés que nous pouvons avoir dans le monde du travail comme dans la vraie vie, si notre personnalité est un déterminant fondamental de nos premiers gestes, ce sont bien les résultats des échanges passés avec les personnes concernées qui façonnent le caractère collaboratif ou non de nos échanges futurs.

La « mort » par piqûre de scorpion n’est pas une fatalité, quel que soit le côté du dard qui nous concerne

Un combat moral Nous sommes bien tous amenés, dans certains contextes ou face à certaines personnes, à adopter des comportements ou des postures dont nous savons pertinemment que les conséquences, qu’elles soient hypothétiques ou certaines, peuvent mener à des catastrophes personnelles comme collectives. N’ayons pas pour autant le moral en dessous de zéro : la « mort » par piqûre de scorpion n’est pas une fatalité, quel que soit le côté du dard qui nous concerne. Lorsque nous nous sentons prêts à être nous-mêmes enfermés dans ce rôle, un peu de yoga et de sang-froid ne peuvent pas faire de mal. C’est un combat moral, tout personnel, que chacun doit mener. Et lorsque l’on se sait confronté à la bête, à l’incarnation changeante en fonction de lieux et/ou de circonstances bien précis, essayons déjà de les éviter en ne le redécouvrant pas candidement à chaque occasion. Ayons l’honnêteté de l’admettre au moment de clore cette digression : si se faire piquer une fois est presque toujours de la faute du scorpion, se faire piquer quinze fois (jusqu’à l’Antarès !) est très souvent de la responsabilité de la grenouille.

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