Sondages Valls/Hollande : ce qu'en disent les médias

Christine Cathiard

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Sondages Valls/Hollande : ce qu'en disent les médias

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Le baromètre mensuel Ifop du 13 avril révèle un gros décalage entre la popularité de François Hollande et celle de Manuel Valls : tandis que la cote de popularité du chef de l'Etat a chuté de cinq points en avril, à 18%, celle du nouveau Premier ministre s'affiche à 58%. Les médias en parlent. Revue de presse.

Midi Libre (Philippe Palat)

À Valls, l'état de grâce ; à Hollande, le chemin de croix. À Valls, des sondages qui frisent l'adoration ; à Hollande des scores qui fleurent la détestation. Pour Valls, l'hyperpopularité ; pour Hollande, l'hyperdéception. Il faut dire qu'à l'applaudimètre médiatico-politique, les quarante points d'écart entre le nouvel habitant de Matignon et le locataire de l'Élysée constituent, au-delà de la performance jamais atteinte par un Premier ministre, une terrible gifle administrée par l'opinion publique au chef de l'État. Il voulait être un président normal, voilà qu'on lui inflige une déculottée anormale. La pire de la Ve République ! À croire qu'en deux ans, il s'est mis tout le pays à dos. Que les réformes tentées n'ont servi à rien, sinon à renforcer le mécontentement. Que les promesses comme l'inversion du chômage passent plus pour un mensonge que pour un échec. Que le récent remaniement ne lui a rien apporté, sinon une défiance exacerbée. À l'évidence, le divorce est consommé. Au point qu'aujourd'hui, Manuel Valls, métamorphosé en capitaine de Titanic à la dérive, va devoir affronter seul toutes les tempêtes sociales et économiques. S'il échoue, Hollande fera naufrage en 2017. S'il réussit, Hollande surnagera. Pour mieux être englouti par les quarante points d'un Valls à l'ambition rugissante ?actu470

La Voix du Nord (Matthieu Verrier)

La nomination du chouchou des sondages n'a d'ailleurs pas évité à l'actuel président une baisse de cinq points dans les opinions positives, l'emmenant à un nouveau record. Le président ne peut plus s'abriter derrière un paravent. Son absence sur la scène médiatique est aujourd'hui considérée comme un manque de proximité et non comme une prise de hauteur. Désormais deux options peuvent se présenter. Le nouveau Premier ministre verra peut-être sa popularité fondre sous le feu de l'action et d'une politique austère. Le président de la République aura alors usé un de ses atouts, en vue de 2017. Il lui sera pour autant difficile de remonter sa propre pente. Les deux têtes de l'exécutif suivent rarement des tendances opposées.

La République des Pyrénées (Jean-Michel Helvig)

En ce début de mandat Valls à Matignon, il est un peu vain de gloser sur la concomitance de sa popularité flatteuse et de l'impopularité record de François Hollande. Il a justement été sollicité pour cela. Le Président de la République n'avait pas d'autre carte en main s'il voulait rendre plus combative, compréhensible, et maîtrisée, la poursuite de la politique engagée sous Jean-Marc Ayrault. En l'occurrence il s'agissait moins de se sauver lui-même que de renflouer un navire gouvernemental qui faisait eau de toute part. Le calcul de François Hollande est que la réussite de la politique économique mise en oeuvre, notamment sur le chômage, finira par faire remonter sa propre cote et justifier une candidature à sa réélection, quelque soit celle de Manuel Valls. Le risque est qu'un regain de popularité trop modeste pourrait accréditer l'analyse de certains sondeurs selon laquelle, l'image et la crédibilité de François Hollande sont irrémédiablement, sinon structurellement détériorées.

Nouvel Observateur

Surtout, relève l'Ifop, un tel écart de 40 points entre les cotes de popularité du président de la République et du Premier ministre n'a jamais été vu depuis 1958 (hors cohabitations). Le plus important jusqu'alors était le différentiel de 21 points enregistré entre Nicolas Sarkozy (37) et François Fillon (58) en mars 2008. Dans le détail, 2% des sondés se disent "très satisfaits" de François Hollande comme président de la République (chiffre inchangé par rapport à mars), et 16% "plutôt satisfaits" (-5), tandis que 44% se disent "plutôt mécontents" (+6) et 38% "très mécontents" (idem). 0% ne se prononce pas.

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