Stéphane Waller : «Pour éviter le blues de la rentrée, gardez l’énergie accumulée»

Bruno Cohen-Bacrie

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Stéphane Waller : «Pour éviter le blues de la rentrée, gardez l’énergie accumulée»

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© Meltis

Voilà, vous allez reprendre le travail. Ou vous venez de le faire. Si vous avez réussi à recharger les batteries pendant la pause estivale, autant ne pas les vider à nouveau en moins d’une semaine. Stéphane Waller, coach et formateur, vous propose quelques pistes pour reprendre en forme, et le rester.

Vous suggérez cinq clés pour éviter le blues de la rentrée...

Vous avez été absent pendant trois semaines, vous allez sans doute voir une queue se former à l’extérieur de votre bureau… Voici quelques astuces simples pour vous aider à faire le tri avec efficacité dans les demandes entrantes et ne pas perdre trop vite la belle énergie que vous avez emmagasinée au soleil.

• Nettoyez votre bureau : c’est complètement symbolique, mais un bureau vide et des dossiers en ordre vous aideront à renforcer le sentiment d’un nouveau départ, et vous projeter, j’espère, sur une année plus simple.

• Priorisez : est-ce vraiment urgent ? Est-ce en ligne avec vos objectifs managériaux ? Ne vous mettez en mouvement qu’à l’unique condition que la réponse à ces deux questions soit « oui ».

• Ménagez-vous des espaces de réflexion insécables : instaurez des matinées portes ouvertes pour éviter les interruptions. En dehors, sachez ne pas répondre au téléphone quand vous devez avancer sur un sujet complexe, mettez en place des plages de lecture de mails et astreignez-vous à ne pas les consulter avant ou après, etc.

Dire non, c’est souvent un service à rendre quand la demande est irréalisable. Mais attention, argumentez !

• Déléguez : confiez les tâches importantes à vos collaborateurs, c’est bon pour votre moral, et pour développer la confiance !

• Dites non… Que ce soit à une demande hiérarchique de l’un de vos collaborateurs ou bien transverse, dire non, c’est souvent un service à rendre quand la demande est irréalisable. Mais attention, argumentez ! Non à la demande, mais oui à la personne.

Comment les managers peuvent-ils « remotiver » leurs équipes ?

Septembre, c’est la période clé et hautement symbolique de retour au travail après une période pendant laquelle vos collaborateurs ont, il faut l’espérer, pensé à tout plutôt qu’à vous. La transition doit être la moins violente possible (certains d’entre eux ont sans doute pensé à changer de poste, voire d’entreprise…). Votre rentrée doit s’articuler autour de trois objectifs :

• recréer de l’inclusion après la coupure estivale ;

• faire le bilan de l’année écoulée ;

• remettre votre équipe en mouvement.

Organiser un événement informel pour réussir une transition dans la douceur entre les vacances et le stress de fin d’année vous permettra de renforcer l’esprit d’équipe.

La méthode la plus efficace pour atteindre ces trois objectifs reste le grand classique du séminaire de rentrée. Organiser un événement informel pour réussir une transition dans la douceur entre les vacances et le stress de fin d’année vous permettra de renforcer le sentiment d’appartenance au groupe, la cohésion, l’esprit d’équipe. Chez Meltis, l’année dernière, nous avons organisé par exemple une après-midi accrobranche.

Le soir, préparez un bilan de l’année écoulée en insistant sur les victoires de l’équipe, portez le sens de l’action commune, projetez le groupe dans l’avenir, vous leur donnerez envie de continuer à se battre pour vous ! La semaine suivante, de retour dans les bureaux, prenez le temps de les voir tous individuellement pour faire avec eux un bilan de leurs objectifs de fin d’année. C’est un investissement en temps certain sur lequel beaucoup de managers font l’impasse, mais autant reprendre sur le bon pied et commencer par émettre le feedback (positif et constructif) dont ils ont besoin pour se situer…

Les congés estivaux opèrent-ils, avec les smartphones, les consultations des mails, la même coupure très nette que par le passé ?

Oui et non. Ce n’est pas l’outil qui est en question, mais l’utilisation qu’on en fait. Tout dépend en fait de notre capacité à couper le cordon. Dans l’idéal, une équipe autonome et motivée n’a que peu besoin de votre supervision, surtout pendant une période calme. À vous de distinguer parmi vos collaborateurs les plus à même de continuer à porter le flambeau pendant votre absence.

À vous de distinguer parmi vos collaborateurs les plus à même de continuer à porter le flambeau pendant votre absence.

C’est en outre un exercice intéressant : vous faites émerger des potentiels de leadership qui, un beau jour, sauront vous remplacer quand vous changerez de poste. César et Brutus, en somme… Maintenant, si vous ne pouvez pas complètement disparaître de la surface de la planète pendant vos vacances, ne partez pas avec votre portable de travail, mais, en échange, confiez à l’un de vos collaborateurs votre numéro personnel. Il ou elle ne vous appellera pas à tout bout de champ, mais en cas d’urgence, vous restez disponible.

Quels conseils donneriez-vous à un manager qui fait ses premiers pas en cette rentrée ?

Le plus utile, certainement, serait de ne pas faire l’impasse sur sa présentation à l’équipe. Même si tout le monde vous connaît, même (surtout !) si vous prenez la tête de vos anciens collègues. Vous avez une expertise, vous allez porter une vision, vous êtes légitime… dites-le. Ensuite préparez-vous à encadrer, mais avec souplesse. L’équipe a une histoire, des habitudes, une expertise qui de plus en plus souvent dépasse la vôtre (et heureusement, vous allez manager, il est temps de faire votre deuil de l’opérationnel pur) ! Un bon manager accepte de laisser remonter expertise et feedback…

Un bon manager accepte de laisser remonter expertise et feedback…

Pour finir, préparez-vous à l’orage. Le psychosociologue Bruce Tuckman annonce dans son modèle éponyme les quatre étapes de la construction de la cohésion d’un groupe : « Forming > storming > norming > performing ». Vous allez tout d’abord poser le cadre, fixer des limites, (« forming », soit la formation du groupe) mais avant les phases de « norming » (la régularisation, le développement de la confiance) et « performing » (le travail sur une base efficace et coopérative), il va falloir recadrer, montrer que votre cadre tient quand vos collaborateurs voudront le tester… Voyez cela comme l’adolescence de votre équipe, le « storming » est un passage obligé !

STÉPHANE WALLER, diplômé d’un 3e cycle en marketing à l’université des sciences sociales de Toulouse 1, a commencé sa carrière en tant qu’assistant chef de produit chez L’Oréal, puis évolué chez Accor (Canada), Esthederm, avant d’être promu marketing manager chez Novartis. En 1999, il crée son propre organisme, Meltis. Organisme de formation professionnelle, de coaching et de team building, Meltis intervient de la relation client au leadership en passant par le management et la gestion de projet. Meltis imagine et déploie des formations créatives intra-entreprise et sur mesure.

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