Strasbourg teste l'amende minorée pour cyclistes

La Rédaction

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Un système d'amendes minorées pour les cyclistes en infraction va être expérimenté à partir de novembre à Strasbourg, une ville en pointe pour ses aménagements en faveur des vélos mais qui ne veut plus les voir passer entre les mailles du code de la route.

Cette expérimentation, une première en France selon le maire PS Roland Ries, va porter sur une dizaine d'infractions de 4e classe, comme le non-respect de l'arrêt obligatoire à un feu rouge ou à un stop, ou encore le fait de téléphoner en circulant.
Les auteurs de ces infractions sont normalement passibles d'amendes comprises entre 90 et 750 euros, comme les automobilistes. Mais la Ville, le parquet de Strasbourg et la préfecture du Bas-Rhin sont convenus d'appliquer aux cyclistes une "verbalisation adaptée" de 45,60 euros.
A partir du 2 novembre, pour les infractions visées, il y aura donc un traitement différencié qui passera par une ordonnance pénale.
"La Cour de cassation reconnaît au procureur de la République la possibilité de poursuivre des infractions en s'exonérant de la procédure simplifiée", laquelle conduit à des amendes qui sont généralement de 90 euros, a expliqué le procureur Patrick Poirret, lors d'une conférence de presse.
L'agglomération de Strasbourg, première en France pour sa politique en faveur des cyclistes, compte notamment 560 km d'aménagements cyclables et son réseau continue de s'accroître en moyenne d'environ 10 km par an.
"Si nous voulons poursuivre notre politique en faveur du vélo, cela passe par un meilleur respect du code de la route par les cyclistes", a expliqué Olivier Bitz, adjoint au maire chargé du dossier, soulignant que la Ville recevait "de plus en plus de plaintes de la part des piétons" contre les cyclistes.
Pédagogique
Mais "mettre une amende de 90 euros pour un étudiant qui a peut-être payé son vélo d'occasion beaucoup moins cher, cela peut paraître disproportionné", a-t-il poursuivi.
Pour ses promoteurs, le dispositif doit rendre la sanction plus "acceptable" par le contrevenant. Il doit aussi lever la réticence des forces de l'ordre à appliquer une sanction identique à celle visant les automobilistes, dont les infractions ont des conséquences potentiellement plus graves.
A Strasbourg, le nombre de "victimes cyclistes" (au moins blessées dans un accident), a chuté de 23% au cours des cinq dernières années alors que l'usage du vélo n'a pas cessé d'augmenter.
La démarche des autorités "n'est pas exclusivement liée à l'accidentologie", a fait valoir le préfet du Bas-Rhin, Pierre-Etienne Bisch, évoquant "un motif plus pédagogique pour une meilleure cohabitation des usagers de l'espace public".
"Les amendes vont être moins élevées qu'elles pourraient l'être, mais jusqu'à présent on n'était pas vraiment verbalisés", a-t-il relevé.
Interrogée par l'AFP, la Fédération française des usagers de la bicyclette (FUB), s'est dite "en phase avec cette expérimentation", parce que "le cycliste a des droits, mais aussi des devoirs".
"Nous sommes pour la création d'un code de la rue pour qu'il y ait une vraie gradation entre les infractions des piétons, des cyclistes et des voitures", a expliqué Thomas Sedlbauer, directeur de cette fédération qui regroupe 180 associations locales.

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