Sur le sable ou au coin du feu, qu'importe le flacon...

La Rédaction

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Je l'avais repéré fin juin sur feu 1001 Libraires. La lecture d'un billet de Sophie Desperate librarian houwewife, suivie d'échanges sur Twitter et entre les murs de la bibliothèque m'ont confortée dans mon envie de glisser l'opus (au format papier !) dans ma valise. Et j'avoue, je n'ai pas regretté. La Liseuse, du génial oulipien Paul Fournel, nous entraîne au coeur des derniers sursauts d'une édition traditionnelle moribonde que quelques artisans tentent de ranimer en y insufflant un peu de modernité, sans pour autant renier la qualité littéraire des oeuvres éditées.

La Liseuse est un récit à plusieurs étages d'un combat de la vie contre la mort (de l'édition, de la littérature, d'une vie professionnelle, d'un être cher, des "cantines" parisiennes où l'on sert de l'andouillette et des artichauts...), parfois perdu d'avance. Mais c'est au fond un livre plein d'espoir dans lequel le personnage principal, vieil éditeur germanopratin, joue jusqu'au bout son rôle de passeur. Il a consacré sa vie à faire l'intermédiaire, avec beaucoup d'exigence, entre auteurs et lecteurs ; il se retire, avec élégance, en transmettant à la nouvelle génération, qu'on préparait à s'intéresser davantage aux contenants et aux tuyaux qu'aux contenus, le goût du texte et de ce drôle de ménage à trois que composent auteur, éditeur et lecteur. Il passe ainsi la main à ceux dont il espère qu'ils sauront réinventer le métier d'artisan de l'édition, en conserver la substantifique moelle tout en innovant et en l'adaptant à des technologies et à des usages aujourd'hui déjà plus qu'émergents.

Même si le sujet principal du livre - qui est en fait une tablette et non pas une liseuse - et l'univers de la chaîne du livre nous rappellent un peu le travail, ce texte rafraîchissant accompagne aussi agréablement nos vacances que la reprise. La forme du texte a par ailleurs son importance, car Paul Fournel s'est soumis à un exercice de style pour en pimenter l'écriture et la lecture.

Pour la petite histoire, ce livre est le seul de l'auteur commercialisé en version numérique. Et, seconde petite histoire, un exemplaire dédicacé par l'auteur lors de sa venue en Haute-Normandie peut être emprunté à la bibliothèque Saint-Sever de Rouen ;-)

A lire également :

- Il refuse catégoriquement d'être publié sur support numérique : "L'angoisse de Milan Kundera", Pierre Assouline, La République des livres.

- "Pourquoi les outils de lecture de livres électroniques ne sont-ils pas plus intelligents ?", Hubert Guillaud, La Feuille.

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