Tout ça pour ça

La Rédaction

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On ne tire pas sur une ambulance, soit. Mais de la déclaration au retrait de la candidature d'Hervé Morin, il y a matière à rédiger le petit guide du candidat qui voulait être président tout seul.

A peine retiré de la course à la présidentielle, Hervé Morin doit présenter des comptes à son propre parti. Nul n'aimerait être à sa place, tant sa campagne fut une catastrophe politique, et même personnelle.

Mais qu'allait-il donc faire dans cette galère ? Il est vrai que la posture d'Hervé Morin était devenue délicate dans le gouvernement. Ne s'appuyant que sur le fait d'avoir ramené des centristes Modem dans le giron de l'UMP après une trahison d'école de François Bayrou, sa présence n'était plus devenue nécessaire lorsque le virage à droite de l'UMP fut entamé. Que fit donc notre Hervé Morin ? Il joua sa carte personnelle. Comme souvent.

Le voilà donc hors du gouvernement. Mais l'homme n'est pas à abandonner facilement, décide t'il immédiatement d'envoyer tacle sur tacle à ses anciens partenaires gouvernementaux. Pour exister, toujours, il tira donc sur ceux-là même qui lui permirent d'exister car, avant son passage au gouvernement, qui donc avait déjà entendu parler d'Hervé Morin d'autres que les centristes documentés ?

Restait donc au leader du Nouveau Centre à siphonner des voix au centre. Mais celui-là même qu'il avait largué en rase campagne, François Bayrou, avait lui décidé de garder sa ligne politique tout au long du quinquennat. Bref, la place était déjà prise ou plutôt elle n'avait jamais été libérée.

Qu'à cela ne tienne, le chevalier Morin partit donc au front de la présidentielle, sans vraiment de ligne politique, sans l'appui de son parti et sans d'autre but que de préparer un ralliement futur. C'est désormais chose faite mais à quel prix ?

Alors qu'il pouvait s'enorgueillir d'être une des rares forces d'appoint de l'UMP, le Nouveau Centre ramène autant de voix que Christine Boutin ou Frédéric Nihous, le leader des chasseurs. Il devient un nain électoral alors qu'il possède une vraie force parlementaire. Il se tire une balle dans le pied à l'heure où les ralliements à Nicolas Sarkozy devaient se payer au prix fort. Tout cela pour l'ambition d'un homme, qui s'était sans doute taillé un costume trop grand pour lui. Pour un ancien Ministre de la Défense, Hervé Morin possède de vraies lacunes stratégiques.

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