Transition énergétique : chacun n'a pas les mêmes priorités !

La Rédaction

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Les premières synthèses de débat national sur la transition énergétique font eux-mêmes l'objet de débat car les points faisant consensus ne sont pas les mêmes pour tout le monde.

Lors de la séance du 20 juin dernier, la présidente de l'Institut du développement durable et des relations internationales et facilitatrice du débat, Laurence Tubiana a présenté une liste de priorités qui (d'après elle) faisaient consensus.

Il s'agit par exemple de la rénovation de centaines de milliers de logements par an ou du développement de la biomasse et des réseaux de chaleur.

Elle avait renoncé à proposer un scénario de la consommation énergétique à long terme, un point de désaccord manifeste !

Malgré ces précautions, une opposition frontale est apparue entre des syndicalistes et des écologistes. Laurence Tubiana avait en effet proposé une stratégie d'évolution du parc nucléaire pour porter sa part à 50 % dans le mix énergétique en 2015. Le président FO de la fédération Énergie et Mines lui a reproché sa présentation « biaisée » qui laissait croire que tous étaient d'accord sur la diminution du nucléaire.

De son côté, la fondation Nicolas Hulot a qualifié les « priorités » de Laurence Tubiana de « plan B » en invoquant un autre document qui, bizarrement, a (aurait) été retiré suite à la pression du collège Entreprises. Ce document intitulé « Priorités établies par les membres du conseil national du débat au sein des recommandations, de ses groupes de travail » a été rédigé à partir de recommandations de 36 membres issus de 6 collèges. Il pointe effectivement quelques priorités qui ne font pas tous l'objet d'un accord en particulier côté entreprises :

- la rénovation énergétique des bâtiments existants avec, pour certains membres un obligation à imposer aux propriétaires ;

- la fiscalité environnementale : les entreprises sont contre ;

- la réduction de l'impact des transports avec une réduction de la vitesse sur les routes et les autoroutes et un moratoire « sur tout projet aéroportuaire, autoroutier et routier » ;

- la trajectoire énergétique à long terme avec un mix « diversifié, à faible émission de GES et un fort contenu en emplois » est une priorité... mais qu'il faut définir !

- enfin, une partie de ces membres estiment qu'il est indispensable de « décentraliser la mise en oeuvre de la transition énergétique par un renforcement des compétences des territoires ».

Mais, pour l'instant, ce document n'a pas été versé au débat officiel !

Joël Graindorge, Directeur général des services techniques.

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