Un tiers des cadres s'est déjà endormi en réunion !

Christine Cathiard

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Un tiers des cadres s'est déjà endormi en réunion !

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© wikicommons

C'est étonnant mais selon un sondage publié mardi, ce serait vrai puisqu'un cadre sur trois admet s'être déjà assoupi à ces rendez-vous, véritables institutions dans les organisations françaises ! Et vous ?
L'enquête, réalisée par l'institut Ifop, montre que près de neuf personnes interrogées sur dix (88%) se sont déjà senties inutiles lors d'une réunion de travail et que 32% des cadres sont déjà tombés dans les bras de Morphée pendant une réunion. En outre, trois quarts d'entre eux (75%) avouent avoir déjà fait autre chose à cette occasion, souvent en pianotant discrètement sur leur ordinateur ou smartphone.
 Et près de la moitié (47%) des cadres ont déjà inventé une excuse pour échapper à ces rencontres.
"C'est un serpent de mer, tout le monde dénonce la réunionite. On a fini par bureaucratiser les réunions qui se pratiquent à tous les niveaux de management et, malheureusement, enrayer le processus est très difficile", assure à l'AFP le sociologue Jean-François Amadieu. Et malgré l'essor des nouvelles technologies, qui permettent de communiquer via mails, webcams ou conférences téléphoniques, la présence physique reste "obligatoire" lors des réunions, selon lui. Sinon, "on est marginalisé professionnellement", estime le sociologue spécialiste des relations sociales au travail.

16 années passées en réunion

En février, l'entreprise Perfony, experte dans l'organisation de réunions, avait calculé en enquêtant auprès de 343 cadres qu'ils passaient en moyenne 3h07 par jour en réunion. En extrapolant ce chiffre sur 40 ans de vie active, ils en ont déduit qu'ils passaient plus de 27.000 heures en réunion au cours de leur carrière, soit... 16 années. Or, la "réunionite" a un coût que certains sites ou applications (comme ecyrd.com/timeismoney) proposent de calculer en intégrant le nombre des participants, leur salaire et la durée du rendez-vous, donnant une évaluation en temps réel.

Sentiment plus fort à Paris

Les moins de 35 ans et les salariés des grands groupes de plus de 5.000 personnes sont ceux qui s'y sentent les plus inutiles (plus de 90%). Ce sentiment est aussi plus fort en région parisienne (90%) qu'en province (87%). Les cadres sont quasi unanimes (95%) à dire qu'une meilleure organisation des réunions (définition de l'ordre du jour, animation ou rédaction de compte-rendu) permettrait aux entreprises de gagner du temps, d'être plus performantes. Ils pensent également que cela contribuerait à économiser de l'argent (87%), être plus innovants (75%) et même à gagner de l'argent (70%).
Ces assemblées peuvent donner aux gens le sentiment d'être plus bêtes qu'ils ne le sont
"Les réunions, c'est un vrai cauchemar. Elles se réservent sur Outlook et le calendrier est plein non-stop de 9H00 à 18H00. Avant, il y avait la période de midi à 14H00 qui était un peu sanctuarisée, mais ce n'est plus le cas", explique à l'AFP un cadre supérieur auprès d'un groupe de plus de 10.000 personnes. Il assure que les réunions occupent 90% de son temps. Outre l'ennui et la perte de temps, l'excès de réunion pourrait aussi avoir un effet abrutissant sur les participants. Une étude publiée en 2012 par la Royal Society, l'académie des sciences britannique, tend en effet à montrer que ces assemblées peuvent donner aux gens le sentiment d'être plus bêtes qu'ils ne le sont.

Plus la réunion dur, plus notre QI baisse

Les auteurs, de l'université américaine Virginia Tech, ont réuni des individus avec un même niveau de Quotient intellectuel (QI) et ont découvert que certains régressaient, ayant le sentiment d'être inférieurs à leurs pairs. "On peut plaisanter sur les réunions qui donnent le sentiment d'avoir un encéphalogramme plat, mais nos travaux suggèrent qu'elles peuvent aussi vous conduire à agir comme si vous aviez réellement un encéphalogramme plat", avait alors fait valoir Read Montague, l'un des auteurs. Les hommes semblent aussi plus enclins à trouver des échappatoires pour se distraire (77 %) que les femmes (73 %) et à inventer des excuses pour éviter les réunions (48 % contre 44 % pour les femmes).

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