Une convention collective... c'est pas du cinéma !

La Rédaction

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Une fois exclu le risque de voir le cinéma européen inclus dans les négociations Europe-Etats-Unis, un autre débat mine la profession : la nouvelle convention collective qui doit entrer en vigueur le premier octobre. Initiée et signée par les gros producteurs mais aussi les principaux syndicats de techniciens, elle conduira à une augmentation sensible des rémunérations des techniciens et à un encadrement de leurs conditions de travail  qui n'existait pas jusqu'alors (les heures supplémentaires et le travail de nuit étaient forfaitisées).

On ne devrait qu'approuver une telle avancée sociale à laquelle chaque salarié a vocation a droit. Sauf qu'un certain nombre de films n'existent aujourd'hui que parce qu'on n'arrive à les faire qu'avec des budgets très réduits (et ils sont souvent audacieux et intéressants). Le cinéma d'auteur français n'existera plus demain avec cette convention collective, estiment  un  nombre important de (petits) producteurs et techniciens, qui ont élaboré des contre-propositions mais se sont fait accuser de créer un système à plusieurs vitesses...

Cette polémique me rappelle celle qui a prévalu dans un autre domaine, celui des animateurs des centres d'accueil collectifs de mineurs (centres de vacances et de loisirs), qui bénéficient d'un contrat dérogatoire au Code du travail : la rémunération journalière minimum correspond à 2,2 fois le SMIC horaire en vigueur (9,40¤ brut au 1er juillet 2012) et ne tient donc pas compte du temps réellement travaillé. Par ailleurs existe aussi, en matière de repos, une dérogation au droit du travail, ce repos devant répondre à des règles particulières de compensation. Les organisateurs des centres de vacances et de loisirs, face à des recours visant à l'octroi du SMIC à tous les animateurs, avaient brandi  la même crainte, celle de la suppression de nombreux centres.

Concernant les films, des dérogations seraient possibles pour les films de moins de 2,5 millions d'euros mais seulement pour 20% des fictions françaises, ce qui semble insuffisant. Les médiations tentées par le ministère ont été vaines jusqu'alors, et on ne sait si la profession trouvera un accord avant la date fatidique du 1er octobre. Une belle épine dans le pied de la ministre à l'automne, au moment où démarreront d'autres négociations, celles sur les intermittents du spectacle...

François Deschamps

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