Urbanisation sauvage, autoroutes ferrovaires, décentralisation routière : la Cour des comptes distribue ses mauvais points

La Rédaction

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Dans son rapport annuel, la Cour des comptes estime notamment que le dernier transfert de gestion du réseau routier national n'a pas permis de faire des économies, que ce soit pour l'Etat ou pour les départements. Le rapport pointe également les errements de communes balnéaires en Languedoc-Roussillon et dresse un bilan plutôt négatif, à ce stade, des deux autoroutes ferroviaires existantes.

- Le transfert du réseau routier national
« Au-delà des sommes versées aux départements au titre de la compensation financière, soit de l'ordre de 1,2 milliard d'euros, l'Etat, qui respecte l'ensemble de ses obligations financières, a supporté 50 millions d'euros au titre de dépenses de personnel, 180 millions de subventions exceptionnelles aux départements au titre des contrats de projets Etat-région et il devra engager 22,7 millions annuels pendant trente ans », relève la Cour des comptes, qui estime « à environ 30% le surplus de dépenses consacrées [par les départements] depuis 2005 à l'entretien et à la remise en état du réseau routier et des ouvrages d'art qui leur a été transféré ». Pour autant, la Cour des comptes estime que « ce bilan en demi-teinte ne doit pas conduire à revenir sur le principe du transfert réalisé, à partir de 2004, d'une grande partie du réseau routier national ».

- Les errements de communes balnéaires en Languedoc-Roussillon
Urbanisation sauvage, concessions de plages mal maîtrisées, facilités accordées aux casinotiers...: la Cour des comptes pointe des errements dans la gestion de quinze communes balnéaires du Languedoc-Roussillon. A Vias, 3 500 cabanons et mobile-homes en zone inondable occupent 200 ha sur 3,5 km, calcule la Cour, constatant qu'ils ont été « finalement légitimés » par la commune mais qu'ils n'apportent aucune taxe d'habitation. Les concessions de plages sont aussi dans le collimateur, comme les paillotes de La Grande Motte ou du Grau-du-Roi et leurs activités non autorisées: vente de vêtements, repas d'affaires, mariages, discothèques...
En outre, ces commerces ne représentent pas une source de revenus suffisante pour les villes par rapport aux sommes engagées pour l'entretien des plages. Exemple: ceux de Palavas ont rapporté 97 900 euros pour 1,42 M de chiffre d'affaires.

- Autoroutes ferroviaires : doivent faire leurs preuves...
L'autoroute ferroviaire alpine France-Italie (175 km) et l'autoroute ferroviaire Perpignan-Luxembourg, les deux seules en fonctionnement en France (hors tunnel sous la Manche), prévues pour transporter sur des trains des semi-remorques de camions, n'ont pas fait la preuve de leur efficacité, estime la Cour des Comptes. Promues par le Grenelle de l'environnement pour délester, au profit du rail, le réseau routier d'une partie du trafic poids-lourds et réduire la pollution, « le concept peine à faire ses preuves sur les plans économiques et financiers », relève l'institution.
Source : AFP / La Quotidienne

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