Vision, gestion et ... décadence.

La Rédaction

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Depuis sa création en 1880 jusque dans les années 1990, Kodak a régné sur le monde de la photo. Le créateur de Kodak, George Eastman, a démocratisé la photographie et l'a rendue accessible à tous. Mais en deux décennies, le leader incontesté de l'image argentique s'est fait rattraper par des concurrents redoutables et inattendus et accumule les pertes au point d'être menacé de disparition.

Comment l'empire Kodak a-t-il pu ignorer les changements en marche qui l'amènent aujourd'hui à son effondrement ?

A la fin du 19éme siècle, George Eastman, fondateur de Kodak, lance la plaque photographique sèche sur le marché américain. Cette première innovation fait le succès de l'entreprise auprès des photographes professionnels. Georges Eastman comprend que la vocation de son entreprise est de simplifier la photographie et il invente quelques temps plus tard la pellicule. Sans qu'il l'ait voulu, cette deuxième innovation lui ouvre le marché du grand public pour lequel il crée la marque Kodak, un nom simple qui se prononce facilement dans toutes les langues du monde sans aucune connotation négative. Innovation et marque forte sont les deux fondements du futur empire.

Dans les années 80-90, à la fin du 20ème siècle, apparaît la photo numérique. la chute des ventes de consommables qui font la richesse du groupe, est vertigineuse. Pourtant l'entreprise choisit ce qui lui paraît la voie de la prudence et décide de rester centrée sur ses produits phares. Le numérique lui apparaît comme une mode et non comme une mutation du marché.

Les constructeurs d'appareils photos, jusqu'alors instruments de la réussite de Kodak, offrent aux consommateurs la possibilité d'accéder aux outils des professionnels : prise de vues en grand nombre, haute définition des images, fonctionnalités sophistiquées. C'est le même type d'innovation qui a permis l'émergence de Kodak.

A la décharge de KODAK, il faut reconnaître que la mutation apparaît évidente après coup mais n'était pas facile à identifier au moment où elle se produisait. Ce qui est certain, c'est que la technostructure, qui gouvernait KODAK dans les années 90, avait complètement perdu la vision du fondateur de la firme et sa vocation initiale qui était de faciliter l'accès du grand public à la production d'images de qualité. Ils s'étaient transformés peu à peu en gestionnaires d'un patrimoine au bénéfice de leur actionnaire.

L'évolution rapide des technologies, la tyrannie du consommateur qui dicte sa loi à travers les usages qu'il fait de ces nouvelles technologies, rendent de plus en plus mouvant l'environnement des entreprises, aussi grandes soient-elles.

Leur dirigeants auraient tout intérêt à revenir à cette question simple : Qu'est-ce que je vends vraiment et à qui ? Ce n'est sans doute pas un remède absolu contre les surprises mais cela présente l'avantage de remettre les clients au centre de préoccupations de l'entreprise.

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